Kaufman & Broad se donne les moyens de ses ambitions. «La situation s'est améliorée, le marché immobilier neuf montre des signes positifs depuis quelques mois, confie Guy Nafilyan, le PDG du groupe, à L'Agefi. Dans ce contexte, nous avons souhaité modifier un covenant de notre crédit senior pour accroître notre flexibilité, en accord avec notre pool bancaire».
Les restrictions concernant les flux de trésorerie ont été assouplies: le ratio de couverture des cash-flows est remplacé par un niveau des cash-flows minimum à chaque date test de 2010 à 2015, en novembre de chaque année. Ceux-ci devront atteindre 136 millions d'euros en 2010, 121 millions la suivante, avant de remonter progressivement jusqu'à 545 millions en novembre 2015.
Un analyste parisien estime que l'opération est positive. «Une augmentation de la flexibilité est toujours une bonne nouvelle pour un groupe», indique le spécialiste. Il souligne en particulier les moindres restrictions sur les liquidités détenues «qui répondent désormais à un niveau absolu et non plus à des ratios».
Par ailleurs, Guy Nafilyan indique que les dispositions prises avec le pool bancaire ne sont pas liées à la taille de la dette nette du groupe: «le covenant prend en compte notre potentiel de croissance future». Rappelons qu'en fin d'année 2008, le groupe avait déjà restructuré sa dette. L'objectif était à l'époque de faire face à l'effondrement des réservations de logements enregistré par le promoteur. Les créanciers avaient ainsi accepté de suspendre l'application de tout ratio bancaire en 2009 en exigeant concomitamment la suspension du dividende jusqu'en 2012, une mesure qui n'est pour l'heure pas remise en cause.
«Nous avons décidé de rembourser de manière anticipée une partie de notre dette sous certaines conditions, sans obérer notre capacité financière», ajoute le PDG. Un premier remboursement anticipé de 15 millions d'euros est prévu en janvier prochain, et un deuxième pouvant aller jusqu'à 10 millions d'euros en octobre 2010.
Au final, le groupe indique que les nouvelles mesures reflètent la plus grande visibilité dont il dispose. En outre, le promoteur immobilier évoque à demi-mots la possibilité de réaliser des acquisitions, dans un contexte d'anticipation d'une reprise du marché de l'immobilier en France.