Le débat semble clos, Jean-Claude Trichet a affirmé dans la presse japonaise de ce dimanche que la position selon laquelle réduire les taux à zéro n'était pas du tout appropriée dans la zone euro. Pour être plus précis, le président de la Banque centrale européenne a laissé entendre quelle pourrait être la prochaine décision monétaire de la BCE: «J'ai dit que je n'excluais pas que nous puissions baisser les taux à un rythme très mesuré», a-t-il déclaré dans un entretien, accordé au journal Yomiuri, « aujourd'hui nous avons réduit les taux de 25 points de base. Par conséquent, c'est l'ordre de grandeur d'une possible décision future», a-t-il ajouté. Selon des propos cités par l'agence Kyodo, il a également répété que la banque n'abaisserait pas son taux de facilité de dépôt, actuellement à 0,25%.
Le principal taux directeur de la BCE, le taux de refinancement, se situe actuellement à un plus bas historique de 1,25%. Le gouverneur de la Banque d'Espagne Miguel Angel Fernandez Ordoñez, membre du conseil de gouverneurs de BCE, avait déclaré mercredi que cette dernière avait encore de la marge pour réduire son principal taux directeur. Axel Weber, l'un des hauts responsables de BCE, s'était pour sa part prononcé en milieu de semaine contre une baisse du principal taux directeur de la zone euro sous le seuil de 1%.
Malgré ces prises de position en apparence diverses, Jean-Claude Trichet a assuré que «le conseil des gouverneurs était uni».Dans un entretien, cette fois au quotidien Mainichi, le président de la BCE a également déclaré qu'il était trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur une reprise économique, et que les derniers signes d'embellie observés à travers les indicateurs macroéconomiques ne devaient pas être surestimés. « En ce qui concerne 2009, préparons-nous à connaître une année très difficile», a précisé le président de la BCE, au Mainichi. Jean-Claude Trichet a par ailleurs refusé de fournir des détails sur les mesures non-conventionnelles que la BCE s'apprête à prendre, renvoyant au 7 mai, où ce plan de lutte contre la crise financière devrait être dévoilé. Parmi les hypothèses envisagées, la BCE pourrait ou non acheter des obligations gouvernementales, ou plus vraisemblablement des obligations d'entreprises (L'Agefi du 3 avril).