Les fusions et acquisitions ne faiblissent pas dans la technologie. Dix jours après avoir mis la main sur le spécialiste des antivirus McAfee pour 7,7 milliards de dollars (6 milliards d'euros), Intel a annoncé hier s'être mis d'accord avec Infineon pour lui racheter en numéraire sa division de composants mobiles nommée WLS pour 1,4 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros). «Les activités acquises conserveront leur indépendance», stipule le communiqué commun aux deux groupes et Intel américain s'engage à approvisionner l'ensemble des clients de WLS, y compris dans le support de plateformes concurrentes fonctionnant sur des processeurs conçus par ARM Holdings. Le prix payé «est en ligne avec les attentes», estime Marco Günter, analyste à la Hamburger Sparkasse.
Alors que sa gamme de processeurs Atom est très bien implantée sur le marché des ordinateurs ultraportables (netbooks), Intel, fort d'une trésorerie de 18 milliards de dollars à fin juin, était pratiquement absent des terminaux mobiles multimedia (smartphones), segment le plus lucratif actuellement. Son savoir-faire dépassera donc à l'avenir le seul domaine du sans-fil (WiFi, WiMax) pour inclure les technologies cellulaires (3G, LTE). Certains analystes estiment néanmoins que ce rachat n'aura qu'un impact progressif sur ses résultats. Si WLS a réalisé un chiffre d'affaires de 917 millions d'euros sur son dernier exercice fiscal, cette division ne se classe qu'au cinquième rang mondial des puces pour équipements mobiles, loin derrière Qualcomm, Texas Instruments ou Broadcom.
Déjà avalisée par le conseil d'administration d'Intel et par les organes de direction d'Infineon, l'opération devrait être bouclée «au cours du premier trimestre 2011» après approbation des autorités réglementaires. La cession de WLS ouvre pour Infineon la voie à un recentrage sur les trois segments de marché qu'il juge stratégiques, à savoir «l'automobile, l'industrie et la sécurité». Elle pourrait également entraîner le versement d'un dividende exceptionnel après plusieurs années sans aucune distribution. «Les effets positifs de cette transaction ont déjà été pris en compte par le marché puisque la cession de ces activités d'Infineon était en discussion depuis des mois», nuance toutefois Heino Ruland, analyste de Ruland Research.