Iliad n'a pas déçu au premier semestre en faisant preuve d'un dynamisme persistant. Si la disparition des activités de ventes en gros et l'érosion de la base d'abonnés de la marque Alice, rachetée en 2008 à Telecom Italia ont freiné la progression du chiffre d'affaires consolidé publié début août (+4,6% à un milliard d'euros), la suite du compte de résultat témoigne d'un fort effet de levier opérationnel et financier.
L'excédent brut d'exploitation (Ebitda), en hausse de 27,2% à 391,6 millions, a été stimulé par le redressement «plus rapide que prévu et complet » d'Alice grâce au dégroupage de ses abonnés dans les zones couvertes par le réseau de Free, à l'amélioration du mix-produit et à un recul de certains coûts réglementés. Le résultat opérationnel courant, en hausse de 49,6% à 234,8 millions, a en outre bénéficié de la fin des amortissements exceptionnels sur Alice, tandis que le bénéfice net a plus que doublé à 171,4 millions; celui-ci intègre un produit exceptionnel de 40 millions «lié au règlement d'un litige avec des fournisseurs», précise le directeur financier Thomas Reynaud.
Grâce à la hausse d'un tiers du cash flow libre généré par l'activité haut débit, le flux net de trésorerie positif de 473,6 millions a permis de contenir l'endettement net (717,2 millions au 30 juin) à moins d'une fois l'Ebitda (0,96 fois contre 1,24 fois un an plus tôt). L'acquisition de la licence mobile pour 240 millions a été quasiment compensée par le remboursement de 217 millions de dettes bancaires.
Le groupe confirme l'ensemble de ses objectifs pour l'exercice, notamment «un taux de croissance à deux chiffres» de son excédent brut d'exploitation (y compris Alice) et une «très forte augmentation» du résultat net. La croissance bénéficiaire dans le haut débit fixe, son cœur de métier, «devrait pouvoir compter ensuite, à partir de 2011, sur la migration au FTTH (ndlr : fibre optique à domicile)», estime le bureau d'analyse du CM-CIC.
Thomas Reynaud a souligné que les négociations se poursuivaient avec ses concurrents (Orange, SFR, Bouygues Telecom) afin de signer un accord d'itinérance censé permettre au nouvel opérateur de commercialiser ses premières offres en 2012, mais qu'il «n'excluait pas un contentieux» d'ici à fin 2010 en cas de blocage. L'action Iliad a terminé en progression de 6,76% à 74,20 euros hier à Paris.