Hypo Real Estate, la seule banque allemande à avoir échoué aux stress tests, a annoncé vendredi avoir réussi à réduire ses pertes au deuxième trimestre à 395 millions d'euros, contre 664 millions encaissés un an plus tôt, grâce à des provisions sur actifs toxiques divisées par plus de quatre à 194 millions d'euros. La banque doit payer 120 millions d'euros par trimestre au titre de la garantie que lui fournit l'Etat allemand.
Sur le premier semestre, la perte nette a été réduite de 38% à 700 millions d'euros. Cependant des zones d'inquiétude persistent sur la pérennité du groupe. En effet, le produit d'exploitation a accusé une perte de 15 millions d'euros, contre un résultat positif de 268 millions un an auparavant.
En cause, une baisse de 33% du produit des intérêts reçus à 539 millions ainsi qu'une perte sur les opérations de trading qui s'est accentuée à 278 millions après 27 millions un an plus tôt. Parallèlement, les prêts aux clients ont fondu de 52% en un an à 95,2 milliards d'euros.
La présidente du groupe, Manuela Better, a rappelé qu'elle ne prévoyait pas de retour aux bénéfices en 2010. Le groupe préfère attendre la mise à l'écart de ses activités toxiques dans une «bad bank», qui devrait avoir lieu d'ici la fin de l'année, pour effectuer des prévisions.
L'établissement de crédit immobilier a annoncé le 8 juillet dernier son intention, à l'instar de Northern Rock, Anglo Irish Bank ou WestLB, de transférer 210 milliards d'euros d'actifs dans une entité séparée, FMS Wertmanagement. Le problème est que ces actifs toxiques représentent 55% du total des actifs de la banque.
La banque immobilière avait été la seule banque allemande à échouer aux tests de résistance. Son ratio de fonds propres n'avait résisté à aucun des deux scénarios négatifs, chutant à respectivement 5,3% et 4,7%, contre un seuil minimum de 6% exigé par le Comité européen des régulateurs bancaires. Le groupe aurait ainsi besoin d'une recapitalisation de 1,2 milliard d'euros pour répondre aux critères des tests.
Le groupe, qui a déjà bénéficié de 100 milliards d'euros de garanties publiques, n'arrive à maintenir son ratio tier one à 8,4% à l'issue du premier semestre que grâce à une recapitalisation de 1,4 milliard d'euros reçue en mai. Et ce niveau n'inclut pas encore les pertes enregistrées au premier semestre.