Le secteur européen des émetteurs de trackers se prépare à l'arrivée d'un nouvel acteur. Goldman Sachs et Morgan Stanley ont créé une joint-venture pour s'implanter sur le marché européen des fonds indiciels négociables en Bourse, selon des sources concordantes. Cette structure, baptisée Source, prévoit un déploiement massif sur le marché. A partir d'avril, elle pourrait lancer vingt exchange traded notes, notamment sur les matières premières, et cinquante exchange traded funds (ETF). Les produits seraient en cours d'enregistrement en Irlande.
Goldman Sachs et Morgan Stanley auraient investi chacun une dizaine de millions de dollars dans ce projet et auraient débauché des professionnels chez des concurrents. Source serait ouvert à d'autres acteurs : Merrill Lynch, en particulier serait en négociation.
Les deux banques ciblent ainsi un marché qui a plutôt bien résisté à la crise. En 2008, la collecte nette sur les ETF en Europe est ressortie à 54,8 milliards d'euros, d'après Lipper Feri, alors que les fonds de gestion collective classiques ont enregistré une décollecte nette de 354,4 milliards d'euros. Les actifs sous gestion en ETF européens s'élèvaient à près de 102 milliards d'euros à fin février, d'après Barclays Global Investors.
Les deux actionnaires de Source ne sont pas tout à fait novices sur ce marché. En tant que courtiers, ils traitent une part importante des ordres sur les trackers en Europe. En développant une activité de gestion d'ETF, ils souhaitent mettre à profit leurs compétences de banques d'investissement. Les trackers proposés prendront en effet la forme de produits structurés basés sur des swaps, et non d'une simple réplication des indices. Reste que les investisseurs sont depuis la faillite de Lehman Brothers de plus en plus vigilants sur les produits basés sur des swaps du fait du risque de contrepartie.
Pour maintenir une concurrence entre les équipes commerciales, Goldman Sachs et Morgan Stanley auraient prévu que la banque réalisant l'exécution de l'ordre se charge de la gestion du swap. Un modèle qui pourrait poser des problèmes techniques.
Il n'empêche que l'arrivée de ce nouvel acteur ambitieux est prise au sérieux par les acteurs existants. Elle devrait se traduire par une pression à la baisse sur les coûts d'intermédiation.