GDF Suez revient à la charge. Le groupe français d'énergie a annoncé lundi être en «discussions préliminaires» en vue d'une prise de contrôle de l'électricien britannique International Power (IP), confirmant les informations de la presse britannique. Les discussions portent, selon le communiqué du groupe, sur «un éventuel rapprochement entre IP et les activités énergie international (hors Europe) et certains autres actifs au Royaume-Uni et en Turquie du groupe GDF Suez ». Le schéma repose donc principalement sur un apport d'actifs rémunéré en titres IP.
Selon le Mail on Sunday, l'offre de GDF Suez se monterait à 6,4 milliards de livres, soit 420 pence par action, et bénéficierait du soutien de l'Etat français, actionnaire du groupe à plus de 35%. Cette offre valoriserait la société britannique, dette incluse, à 11,1 milliards de livres, soit 14,8 fois son bénéfice estimé pour l'année 2010, selon Reuters. Le Financial Times indique que les actionnaires d'IP seraient dédommagés de la dilution de capital par le versement d'un dividende exceptionnel. Toutefois, GDF Suez n'évoque pas ce scénario, sans toutefois l'écarter selon une source financière.
«Ce rapprochement serait réalisé par émission d'actions nouvelles IP au profit de GDF Suez qui deviendrait ainsi l'actionnaire majoritaire du nouvel ensemble.» GDF Suez possède 12,9 milliards d'euros de trésorerie. Par ailleurs, un apport en cash de la part des deux groupes dans la nouvelle entité n'est pas à exclure, selon une source financière.
Le groupe britannique est conseillé dans cette opération par JP Morgan Cazenove, Morgan Stanley et Nomura, tandis que NM Rothschild, Goldman Sachs et Lazard épaulent GDF Suez.
Les négociations entre les deux groupes avaient été rompues en janvier dernier, GDF Suez ayant alors refusé de régler en cash comme le réclamaient les actionnaires d'IP. La presse londonienne évoquait à l'époque une offre de 6 milliards de livres contre une valorisation actuelle à 4,8 milliards de livres. GDF Suez bénéficie, lui, d'une capitalisation boursière de 55 milliards d'euros. Invesco, le principal actionnaire d'International Power avec 11% du capital, s'est déclaré par la voix de son directeur des investissements, Neil Woodford, «favorable au principe d'une fusion» entre les deux groupes, selon le Financial Times.
Un rachat d'IP permettrait au groupe français d'augmenter d'environ 50% sa capacité de production d'électricité au Royaume-Uni, mais surtout de renforcer ses positions au Moyen-Orient, en Australie et en Amérique du Nord, zones où IP possède actuellement 20,6 gigawatts (GW) de capacités. Le groupe britannique, qui a dégagé en 2009 un bénéfice net de 996 millions de livres, exploite 45 centrales électriques dans le monde. GDF Suez cherche également à réaliser des synergies dans ses activités d'achat et de trading de gaz grâce au mix énergétique des centrales électriques du groupe britannique, composé à 60% de gaz. L'ensemble aurait une capacité de production d'environ 73 GW, contre une production actuelle de 68 GW pour GDF Suez.
Raymond James Euro Equities estime que «compte tenu de l'appétit des actionnaires d'International Power, il faudra surveiller la qualité des actifs apportés et l'éventuelle partie cash qui pourrait être proposée aux actionnaires d'IP».