A l'évocation des rumeurs sur l'intérêt de GDF Suez pour International Power (IP), les analystes se sont mis hier à faire tourner leurs modèles. Quel impact sur la rentabilité ? Quelle dilution éventuelle ? Comment financer une telle opération qui s'élèverait à 11 milliards de livres en valeur d'entreprise ? Toutes ces questions ont été abordées, certains comme Nomura, allant même jusqu'à évaluer qu'une transaction resterait intéressante jusqu'à 400 pence par action (contre 322 pence vendredi).
Pourtant, tous ces travaux resteront sans suite. Car si le britannique a bien annoncé dans la journée qu'il y avait eu des discussions, il a aussi précisé qu'aucun accord n'avait été trouvé et que par conséquent les négociations ne se poursuivaient pas. Ce qu'a confirmé GDF Suez dans un communiqué séparé.
GDF Suez ne se lancera donc pas dans une vaste acquisition. Cela semblait d'ailleurs improbable avant même la publication des communiqués. Le groupe français n'avait pas souhaité faire de commentaire dans la matinée. Mais de source proche, on soulignait qu'il n'était pas dans les plans de GDF Suez de procéder à une acquisition consommatrice de cash. Une mise au point cadrant parfaitement avec les propos tenus la semaine dernière par le PDG Gérard Mestrallet, selon lequel une grosse acquisition n'était pas à l'ordre du jour. Le souhait de maintenir une notation A et les contraintes liées aux limites de dilution de l'Etat actionnaire (pas à moins de 33,4%) peuvent l'expliquer.
Sur quelles bases ont alors porté les négociations engagées depuis plusieurs mois déjà ? Visiblement, le groupe français était plutôt enclin à discuter partenariat. «L'idée était que GDF Suez apporte des actifs internationaux à IP, groupe coté, et reçoive en échange une participation majoritaire, voisine de 60%, dans le nouvel ensemble», détaille un proche du dossier.
Les raisons de l'échec des discussions n'ont pas été données. Mais selon cette même source, c'est bien le volet financier qui est en cause, avec notamment des divergences sur les valorisations. On peut aussi se demander si, compte tenu de son profil très financier, l'actionnariat de IP (regroupant Invesco, BlackRock, Standard Life, Legal & General) n'aurait pas préféré un schéma de transaction plus classique et intégrant du cash.