L'assureur belge issu du démantèlement de Fortis a présenté hier des résultats jugés encourageants, selon son nouvel administrateur délégué Bart de Smet. Mais il est loin encore d'avoir liquidé l'héritage de la crise. En même temps que des primes en hausse de 8% à 15,8 milliards d'euros en 2009, le groupe a dévoilé le montant de l'amende infligée en janvier par le superviseur néerlandais: 576.000 euros. L'AFM estime que Fortis a diffusé des informations trompeuses à l'été 2008, quand son patron de l'époque, Jean-Paul Votron, assurait aux actionnaires que la solvabilité du groupe était «forte». Quatre mois plus tard, Fortis sombrait. «Nous avons notre opinion» sur cet épisode et «elle est différente» de celle de l'AFM, a déclaré hier Bart de Smet. Le groupe a fait appel.
Mais il veut tirer un trait sur le passé. Fortis est mort, vive «Ageas». Bart de Smet a également dévoilé hier la nouvelle raison sociale du groupe issu du démantèlement de l'ancien bancassureur belgo-néerlandais, une fois retirées les activités aux Pays-Bas et la banque cédée à BNP Paribas en 2009.
En attendant, l'assureur installe sa nouvelle stratégie, centrée sur l'Europe, Turquie comprise (mais hors Russie dont il s'est retiré), et sur l'Asie où il est présent en Chine, Thaïlande, Malaisie et Inde. Il a dégagé en 2009 un résultat net de 1,192 milliard d'euros, dont 456 millions directement liés à ses activités d'assureur, essentiellement en vie (qui représente 80% des entrées de primes en 2009). Lié à BNP Paribas pour la distribution de ses polices en France et en Belgique et à Tesco au Royaume-Uni, le groupe a également noué un accord avec UBI Assuricazioni .
Son portefeuille d'investissement, placé à 80% en obligations, comprenait fin 2009 18,1 milliards d'euros en papier italien (pour la moitié), grec, portugais et espagnol. Bart de Smet a reconnu hier avoir revu ces derniers mois et semaines le portefeuille de dettes publiques, en cédant du papier grec et italien pour le réinvestir en partie en obligations belges à long terme.
Ageas enfin traînera encore quelque temps les casseroles de Fortis: deux procédures auprès des autorités belge et néerlandaise, une enquête pénale en Belgique, deux enquêtes d'experts, des procédures civiles en Belgique, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis sont encore en cours. «Tous les problèmes ne sont pas résolus», a admis hier Bart de Smet.