Avec 350 fiscalistes sur 550 avocats pour Ernst & Young Société d’Avocats, la démonstration est faite : les Big Four de l’audit, qui tous travaillent avec un cabinet qui leur est affilié, figurent parmi les plus gros recruteurs d’experts en fiscalité. Et pour cause : chez Taj, par exemple, ce secteur représente 75 % du chiffre d’affaires.
Depuis 2006, certains de ces cabinets ont lancé des campagnes de recrutement d’une centaine d’avocats par an jusqu’à horizon 2010 : des postes aussi bien juniors que seniors, à Paris comme dans les bureaux régionaux en plein développement. « Dans les cabinets d’audit, la demande a nettement augmenté ces derniers mois, confirme Karine Guittet, manager de l’équipe juridique et fiscale chez Michael Page International. Chez Taj par exemple, une dizaine de recrutements ont été effectués, notamment en fiscalité générale et en ‘transfert pricing’ », qui, en jargon fiscal, signifie le contrôle des opérations internationales intragroupes.
Les plus grandes banques ont aussi leurs propres équipes. Chez BNP Paribas, environ 35 spécialistes sont répartis entre les différents départements. « Notre équipe est composée de huit personnes, presque toutes juristes de formation et avec un profil d’au moins trois ou quatre ans d’expérience, explique Loïc de Maintenant, responsable de l’équipe fiscale banque de financement et d’investissement et International retail service chez BNP Paribas. Par ailleurs, la banque emploie une quinzaine de personnes en charge des structures du groupe, dont trois au profil comptable et financier chargées de la politique de transfert pricing.
Profils pointus et missions précises
Non seulement on assiste à un renforcement des équipes en place, mais également à la création de postes nouveaux, comme les tax accountants chargés de la fiscalité dans les comptes des entreprises, ou encore de chefs de projet chargés d’étudier l’apport du régime fiscal du bénéfice mondial consolidé ou de réviser la politique du prix de transfert. Selon l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), les cabinets de conseil et d’audit sont les premiers recruteurs de fiscalistes (28 % des embauches), devant les entreprises (18 %) et l’industrie (12 %), suivie de près par la banque-assurance (11 %).
Le poste est rarement ouvert aux débutants. Il nécessite une maîtrise de droit, option fiscalité, un DESS fiscalité ou bien une grande école de commerce, option comptabilité avec spécialisation fiscale, mais aussi souvent trois années en audit ou dans un service consolidation d’un grand groupe ou en contrôle de gestion. Le marché étant tendu, les financiers, contrôleurs de gestion, comptables et économistes peuvent toutefois tenter leur chance, quitte à suivre une formation à l’école du Barreau. « Si le certificat d’aptitude à la profession d’avocat (Capa) tend à devenir moins indispensable, il reste fort apprécié par les cabinets conseils », relève Charles Cantineau, fondateur du site Fiscajob.com.
Les missions du fiscaliste sont de nature opérationnelle : gestion fiscale de la banque (déclaration de l’impôt sur les sociétés, intégration fiscale, taxe professionnelle, TVA…), relations avec l’administration (contrôles fiscaux), mais aussi missions de conseil en interne (optimisation du résultat fiscal, procédures de recouvrement ou de transformation de créances…) et en externe (appui auprès de clients dans des projets complexes, gestion de patrimoine, ingénierie financière…). « Dans la banque, ce professionnel a pour missi