La place britannique plus opaque
La plate-forme de négociation alternative (MTF) Chi-X ressort comme le grand vainqueur identifiable de la « fragmentation des marchés », selon les données fournies par Fidessa Fragmentation Index/Fidessa Fragulator. Alors que les échanges de titres peuvent s'effectuer sur des plates-formes différentes depuis la directive MIF (Marchés d'instruments financiers), l'outil lancé par ce fournisseur de solutions pour salles de marché permet de reconstituer par lieu d'échange les transactions passées sur un titre ou sur un indice donné.
L'indice FTSE 100 des cotations les plus importantes au London Stock Exchange (LSE) permet de mesurer combien la Bourse de Londres a perdu de part de marché, passée en un an de 55 % à 38 %. Le bénéfice en revient à la fois aux MTF, surtout avec Chi-X (Instinet, groupe Nomura), qui représente à lui seul déjà 25 % des échanges sur le marché transparent à Londres, et Bats, ainsi qu'aux marchés opaques - voir le tableau - (désormais 36 % des échanges). Sur ces derniers, les internalisateurs systématiques d'ordres (institués par la MIF) et les dark pools(MTF régulés et autorisés à échanger des blocs sans transparence prénégociation) se font une petite place. Mais les internalisateurs non systématiques (crossing networks), organisés en marge de la directive et indiqués ici sous l'intitulé « marchés OTC » (over the counter, de gré à gré), dont les données ne sont pas détaillées, semblent aussi gagnants.
L'Allemagne atypique
L'analyse sur l'indice DAX 30 en Allemagne n'amène pas aux mêmes conclusions : le marché réglementé (Xetra) et les Bourses régionales ont même été un peu plus actifs, tout comme Chi-X, avec plus de 20 % des « échanges transparents », au détriment des marchés OTC.
En France, Euronext tient également son rang (surtout si l'on ajoute les plates-formes de Paris, Amsterdam et Bruxelles). En Espagne, les MTF et les dark pools n'ont en revanche pas du tout percé, laissant aux marchés OTC leur importante part du marché.