Fin du suspense pour les banques européennes. Comme les fuites des derniers jours le laissaient espérer, elles ont largement passé l'épreuve des tests de résistance menés cet été en Europe. Sur les 91 banques passées sur le gril par leurs tutelles nationales, seulement 7 afficheraient à fin 2011 un ratio de solvabilité Tier one inférieur au seuil de 6% fixé par le Comité européen des superviseurs bancaires (CEBS). Elles devront trouver au total 3,5 milliards d'euros.
Presque tous les pays ont fait carton plein, comme la France, le Royaume-Uni ou l'Italie. Le franco-belge Dexia voit son ratio passer de 12,3% à 10,9%. En Allemagne, seule Hypo Real a failli, Postbank et NordLB passant de justesse les 6,1%. Les maillons faibles du secteur se trouvent surtout en Espagne, où cinq groupes de caisses d'épargne échouent (Civica, Cajasur, Unnim, Espiga et Diada). Certaines caisses ne passent l'examen que parce qu'elles se sont engagées à fusionner et que la Banque d'Espagne a comptabilisé les engagements de recapitalisation donnés par le fonds espagnol, le Frob. La banque grecque ATEbank a également échoué, mais Athènes soutiendra son augmentation de capital.
De manière agrégée, les pertes liées au double choc macroéconomique et de dette souveraine se monteraient sur 2010-2011 à 566 milliards, dont 67 milliards seulement liés à l'effet souverain. Elles feraient perdre 1,1 point de ratio Tier one en moyenne aux banques européennes, ramenant celui-ci à 9,2% fin 2011.
Le degré d'exigence de l'Europe suscitera forcément des critiques. Certains observateurs s'émouvaient vendredi du refus de tester un éventuel défaut d'un Etat (voir méthode). La dette souveraine détenue dans les portefeuilles bancaires (banking books) des 91 établissements ne fait donc l'objet d'aucune décote, alors qu'elle représente le gros du stock: 54,6 milliards y sont logés par exemple chez Dexia, contre 3,5 milliards dans les livres de trading.
Les résultats seront aussi rapprochés des tests menés aux Etats-Unis en 2009, où, sur 19 grandes banques mises à l'épreuve, 10 avaient été sommées de lever un total de 75 milliards de dollars de capital. Mais, comme le soulignent les régulateurs européens, les tests interviennent en Europe à un moment plus favorable du cycle économique, et après une vague de recapitalisations publiques ou privées menées par les banques jusqu'en juillet 2010.