Après une année 2009 des plus difficiles, le marché du capital investissement se débloque depuis le début de l'année 2010, a estimé Patrick Sayer, président du directoire d'Eurazeo, à l'occasion mardi de la présentation des résultats semestriels de la société d'investissement. «Nous assistons à un redémarrage des opérations. Nous regardons tous les dossiers, souvent mis en vente par des fonds d'investissement, mais les prix restent encore trop élevés», a déclaré le président.
En outre, «l'environnement reste très difficile avec peu de banques prêtes à apporter un financement et un marché de la syndication grippé», a poursuivi Patrick Sayer, se disant néanmoins serein pour le second semestre 2010. «Notre trésor de guerre est intact et nous restons aux aguets», a-t-il poursuivi.
A fin août 2010, Eurazeo disposait d'une trésorerie de 725 millions d'euros suite à la finalisation du programme de cession des titres Danone, contre 662 millions à fin avril. «Nous conservons le plein bénéfice de notre ligne de financement non tirée d'un milliard d'euros et d'engagements disponibles pour un montant de 110 millions d'euros», a souligné Philippe Audouin, directeur financier.
En intégrant la future plus-value, de 184 millions d'euros, sur la cession de la chaîne d'hôtel B&B au fonds d'investissement Carlyle, le trésor de guerre d'Eurazeo s'élève dès lors à plus de 2 milliards d'euros. La finalisation de l'opération, réalisée sur la base d'une valeur d'entreprise de 485 millions d'euros, doit intervenir début octobre, sous réserve de l'aval des autorités de la concurrence. Eurazeo, qui a acquis B&B il y a cinq ans, aura ainsi multiplié par 2,1 sa mise initiale et enregistré un TRI (taux de rentabilité interne) de 22%.
Sur le premier semestre 2010, Eurazeo a renoué avec les bénéfices, grâce à l'amélioration des marges des sociétés de son portefeuille et de plus-values réalisées à hauteur de 217 millions d'euros liées principalement à la cession des titres Danone. Le bénéfice net s'est ainsi élevé à 88,5 millions d'euros, contre une perte de 191 millions d'euros un an auparavant, tandis que le chiffre d'affaires a crû de 4,5 % à 1,9 milliard (+2,7% à périmètre et taux de change constant).