«L'économie française devrait rester convalescente en 2010» selon l'assureur crédit Euler Hermes qui anticipe une «croissance de l'ordre de 1%» cette année. «La force de la France en 2009 pourrait devenir sa faiblesse à long terme», ajoute Karine Berger, directrice marché et marketing du groupe.
En effet, l'économiste souligne que même si «la France n'a pas été épargnée par la crise, elle a connu la récession la plus faible de l'ensemble de la zone euro», où le PIB s'est contracté de 4% en moyenne contre 2,2% pour la France. L'aide publique a été l'une des forces de l'économie française en 2009. Euler Hermes estime que l'Etat a injecté en tout 80 milliards d'euros dans l'économie en 2009, soit entre 3% et 4% du PIB. Dans le détail, les stabilisateurs automatiques (baisse des rentrées fiscales et hausse des prestations sociales) ont coûté près de 35 milliards, 10 milliards ont été dévolus au titre du plan de relance initial et de ses compléments (prime à la casse, baisse de la TVA dans la restauration), 30 milliards de moratoires fiscaux et sociaux ont été accordés aux entreprises, sans oublier 5 milliards imputables au gonflement des intérêts sur la dette.
Cette spécificité française qui a consisté à soutenir les entreprises au moyen de moratoires fiscaux a permis de réduire le nombre de défaillances d'entreprises. La France compte 64.661 faillites en 2009 mais «le bilan aurait pu être plus lourd: au moins 6.000 entreprises ont été sauvées», constate Karine Berger. Toutefois, même si le gouvernement ne devrait pas exiger de rattrapage du moratoire dès 2010, cette aide ne sera pas maintenue cette année. En conséquence, Euler Hermes vise une nouvelle croissance des défaillances en 2010 comprise entre 0 et 5%, correspondant aux entreprises «qui ont passé le cap de l'année 2009 de façon un peu miraculeuse».
Par ailleurs, la prime à la casse, qui a dopé artificiellement les achats de voitures en fin d'année, a d'ores et déjà été réduite. Dans ce contexte de retrait de l'aide publique, l'investissement des entreprises est attendu en baisse de 1,3% cette année après une chute de 6,9% en 2009. Quand au taux de chômage, il devrait atteindre 10,8% en fin d'année, contre 10% à fin 2009, et contribuera à freiner le pouvoir d'achat, attendu en hausse de 0,8% après un gain de 2,1% l'an passé et la consommation des ménages: une progression de 0,8% est attendue.