Face à l'ampleur de la rumeur, Endesa a dû sortir du bois. En réaction à plusieurs articles de la presse locale, l'espagnol a indiqué via un bref communiqué qu'il étudiait bien avec son actionnaire à 92% Enel la possibilité de regrouper leurs actifs dits «renouvelables».
Pour l'instant, «aucune décision définitive n'a été prise sur ces hypothèses de travail», précise-t-il. Mais à en croire les détails relayés par les journaux spécialisés espagnols, les discussions semblent en être à un stade avancé.
Dans un premier temps, l'idée serait de rassembler dans une société commune les actifs espagnols d'Enel et d'Endesa dans le renouvelable. Le premier détient 50% d'Eufer. Une société codétenue avec Gas Natural qui dispose de 1.200 MW installés, selon son site internet. Un dénouement de cette coentreprise serait d'ailleurs à l'étude. Quant à Endesa, il possède 800 MW d'installations dans le renouvelable et de nombreux projets (2.000 MW).
D'après le quotidien Expansion, bien qu'apportant moins d'actifs, Enel détiendrait 60% de l'ensemble grâce à un complément en cash.
Lors d'une deuxième étape, cette entité serait rapprochée d'Enel Green Power (EGP), structure qui porte les actifs renouvelables de l'italien. En ajoutant les capacités d'Endesa et les actifs d'Eufer aux 4.700 MW dont il dispose déjà, EGP se rapprocherait ainsi d'Iberdrola Renovables, qui fait office de leader dans le secteur en revendiquant 10.750 MW de capacités.
Dans le même temps, EGP se ferait un peu plus séduisant pour les investisseurs. Car c'est bien là l'objectif ultime qu'aurait Enel. Marchant dans les traces d'Iberdrola Renovables, EGP pourrait également frapper à la porte de la Bourse, à Milan et à Madrid. Selon une estimation de Citigroup, relayée par Cinco Dias, le groupe aurait une valeur théorique de 12,7 milliards d'euros. D'autres analyses parlent de 10 à 13 milliards.
A défaut d'introduction en Bourse, la crise ayant tempéré l'appétit du marché, des investisseurs financiers pourraient être recherchés. «Il y a eu des discussions avancées avec le fonds d'Abu Dhabi Mubadala, qui pourrait prendre entre 10% et 20%», écrivait hier Cinco Dias.
Quelle que soit l'option choisie, une ouverture du capital d'EGP favoriserait le désengorgement du bilan d'Enel, qui totalisait 51 milliards d'euros de dette nette fin 2009.