A l'occasion de ses premiers résultats semestriels, Edenred (ex-Accor Services) a dévoilé ses perspectives 2010. Si la hausse du taux de chômage en Europe et un faible taux d'inflation en zone euro pèseront sur la croissance du volume d'émission du groupe, Edenred mise sur les pays émergents, qui représentent plus de 50% de son activité.
Le groupe vise un résultat d'exploitation courant compris entre 300 et 330 millions d'euros. Actuellement, le consensus FactSet table sur 316 millions, contre 327 millions en 2009 (mais 309 millions en tenant compte de la dévaluation du bolivar vénézuélien), et après 155 millions (-7,1%) au premier semestre.
Cette prévision prend en compte la moindre contribution du résultat financier, conséquence de la baisse des taux d'intérêt dans le monde. Le groupe table sur une baisse de 10 à 20% de son chiffre d'affaires financier (8,5% des ventes totales) au second semestre, après une chute de 29,5% au premier trimestre et de 20,4% au deuxième trimestre. A 3,5%, «le taux moyen de placement a enregistré une baisse de 150 points de base sur le semestre», a précisé Loïc Jenouvrier, directeur financier d'Edenred. En effet, le float (besoin de fonds de roulement net) du groupe est placé à 80% en Europe, et à 85% à moins d'un an. Le groupe ne juge pas encore le moment propice pour allonger la maturité de la dette.
D'ici la fin de l'année, Edenred devrait procéder au refinancement obligataire de son prêt-relais (bridge to bonds) de 600 millions d'euros. «La maturité devrait être d'au moins 5 ans, mais nous ne sommes pas dans l'urgence disposant de 650 millions d'euros de lignes de crédit non utilisés», ajoute Loïc Jenouvrier.
Edenred anticipe également une charge financière de 70 à 75 millions d'euros sur l'ensemble de l'exercice, dont déjà 41 millions passés au premier semestre. Jusqu'alors, Oddo attendait 62 millions et CM-CIC 90 millions.
Quant au dividende, «on peut envisager un taux de distribution de 40 à 50% pour les deux prochaines années, a précisé Jacques Stern, PDG d'Edenred. Le conseil définira en février la politique de dividende».
Edenred poursuivra une politique de croissance externe «clairement opportuniste» dans les pays où il est déjà présent, sans se fixer d'enveloppes à l'avance, mais pourrait dépenser «quelques dizaines de millions d'euros pour des acquisitions en 2010», poursuit Jacques Stern.