Pour sa première présentation de résultats depuis sa nomination à la tête d'EDF le 25 novembre dernier, Henri Proglio a exposé ses six priorités.
Premier axe, l'amélioration de la performance du parc de production. Notamment, alors que le coefficient de disponibilité (Kd) du parc nucléaire en France est tombé de 79,2% en 2008 à 78% en 2009, EDF table sur une amélioration de 1,5 à 2 points dès cette année, et vise toujours 85% à moyen terme.
L'international constitue la deuxième priorité. Les résultats 2009 en ont prouvé, si besoin était, la nécessité. Le chiffre d'affaires à l'international a crû de 9,3%, alors qu'il a reculé de 0,8% en France. L'international (gonflé par l'acquisition de British Energy) pèse désormais 49% des ventes (+3 points) du groupe, et 46% de l'excédent brut d'exploitation (Ebitda), en hausse de 9 points. EDF veut rester la référence dans le monde de la production électrique nucléaire et «être le coordinateur de la filière nucléaire France», assure Henri Proglio. Une nouvelle pierre lancée dans le camp d'Areva.
Troisième priorité, les performances économiques et financières. L'énergéticien veut maintenir sa flexibilité financière nécessaire à ses ambitions. «Il peut y avoir des arbitrages d'actifs, mais pas sous la pression», poursuit Henri Proglio. Si le ratio dette nette sur Ebitda a bondi de 1,7 à 2,4 en 2009, il reste inférieur à la fourchette de 2,5 à 3 que s'est fixée le groupe pour 2010. Cette année, EDF vise également une croissance organique de 3 à 5% de son Ebitda. En revanche, le dividende de 1,15 euro au titre de 2009 (-10%) restera stable au titre de 2010, alors que le consensus attendait 1,27 euros.
Les autres axes stratégiques concernent la performance sociale, avec notamment le départ à la retraite de 40% des effectifs du nucléaire dans les cinq ans; la proximité et la qualité de service; et l'adaptation d'EDF aux ambitions environnementales.
Quant à la gouvernance, «j'ai la responsabilité de ne pas laisser Veolia dans une situation de vulnérabilité. J'ai crû nécessaire d'assumer un rôle non exécutif durant quelques mois», poursuit Henri Proglio, assurant l'avoir dit aux parlementaires avant même de rejoindre EDF. En revanche, le PDG d'EDF et président de Veolia ne compte pas abandonner ses mandats d'administrateur: «aller à un conseil d'administration une fois par trimestre, ce n'est pas discriminant», a-t-il expliqué.