Nouvelle agitation autour d'Edison. Alors que des rumeurs parlent régulièrement d'une recomposition du capital de l'italien, Bloomberg évoquait hier une prochaine sortie du groupe italien de services aux collectivités A2A et de ses partenaires dans Edison au profit d'EDF.
Edison est contrôlé à hauteur de 61,28% par Transalpina di Energia, coentreprise détenue à 50/50 par Delmi (regroupant A2A à hauteur de 51% et ses partenaires institutionnels italiens) et EDF, et à hauteur de 19,36% directement par l'électricien français. EDF détient ainsi 50% du capital et 48,95% des droits de vote d'Edison, et pourrait donc passer à 80,64% et 78,95%.
Après avoir refusé de commenter ces rumeurs, A2A a finalement assuré que «qu'aucune opération n'est actuellement examinée par les organes compétents du groupe» dans un communiqué publié à la demande de la Consob, le régulateur italien. En effet, le titre Edison progressait hier de 2,9% à Milan. Pour leur part, EDF et Edison se sont refusés à tout commentaire. «Nous sommes satisfaits de notre position en Italie», avait déclaré le PDG d'EDF, Henri Proglio, le 11 février dernier.
EDF et A2A sont liés par un pacte d'actionnaire arrivant à échéance fin septembre 2011 et qui doit être renégocié avant la fin mars 2011. Au début du mois, le président d'A2A avait déclaré que les discussions avec EDF n'avaient pas encore débuté, mais qu'elles pourraient commencer avant l'été. «Toutes les possibilités sont sur la table. Nous pourrions tout racheter, ils pourraient tout racheter ou nous pourrions diviser», avait ajouté Graziano Tarantini, président du conseil de surveillance de A2A.
Selon Bloomberg, EDF pourrait reprendre la part de 31% d'A2A et ses partenaires dans Edison pour 1,6 milliard d'euros, en actifs et en numéraire. Dans le schéma évoqué, EDF transférerait 1.000 MW de capacités de production en Italie à A2A. Selon les sources citées par l'agence, la transaction pourrait même être finalisée dans les prochaines semaines. «Ce serait une mauvaise affaire pour A2A, note un analyste italien. Un tel accord valoriserait l'action Edison à 1,15 euro, alors qu'elle est enregistrée autour de 1,55 euro dans les comptes d'A2A». Les analystes d'Unicredit affichent leur scepticisme, les représentants du gouvernement italien ayant affirmé à plusieurs reprises que l'Etat italien ne soutiendrait aucune scission d'actifs d'Edison.