Le marché des indices pourrait prendre un nouveau tournant avec la prise de contrôle du promoteur des indices, Stoxx, par Deutsche Börse et Six. L'opérateur boursier allemand, conjointement avec son homologue suisse Six, s'est offert la part de 33,3% détenue par Dow Jones au capital de Stoxx, pour un montant de 206,1 millions d'euros en espèce. Suite à cette opération, les bourses suisse et allemande affichent de nouvelles ambitions sur les produits indiciels.
A l'issue de la transaction, les deux actionnaires de la firme helvète ont l'intention de fonder une nouvelle société dédiée au calcul des indices. Deutsche Börse détiendra une participation de 50% plus une action de la nouvelle entité, Six ayant le solde du capital.
Fort de cette nouvelle structure et du retrait de Dow Jones, Stoxx pourra désormais développer une famille d'indices internationaux et diversifier ses opérations dans les indices. «La prise de contrôle de Stoxx nous permet d'exploiter les activités d'informations financières et de données de marché en pleine expansion dans d'autres domaines au sein du groupe», souligne Reto Francioni, le patron de Deutsche Börse.
Les indices boursiers servent, entre autres, de supports aux contrats à terme et aux options négociés sur les marchés dérivés, sur lesquels Deutsche Börse et Six sont présents. Francfort est notamment l'une des places les plus importantes en matière de volumes traités sur des produits indiciels comme les ETF ou tous types de produits dérivés sur indices.
Par ailleurs, les produits indiciels représentent une part importante des volumes d'échange sur les marchés. En 2008, près de 9% des actifs étaient gérés selon des stratégies de gestion indicielle et, comme le souligne Katrin Muller, spécialiste produits chez Lyxor, «les volumes gérés en indexation passive sur les grands indices de marché sont en forte croissance, comme l'illustre la collecte continue sur les ETF et les fonds indiciels depuis la crise ».
Les indices constituent donc un axe de développement stratégique pour les Bourses suisses et allemandes qui «s'ouvrent ainsi de nouvelles sources de revenus importants, hors des produits cotés», souligne Katrin Muller. Sans compter que les deux opérateurs boursiers espèrent réaliser des «synergies durables» grâce à cette acquisition.