Investisseurs comme régulateurs doivent entamer une sévère cure de désintoxication aux notations. C'est le message de l'Autorité des marchés financiers (AMF) dans son dernier rapport sur les agences de notation. Elle appelle en effet à « la désintoxication à la notation et à l'encouragement des investisseurs à conduire eux-mêmes leurs propres diligences » et même à « un examen de l'usage des notations dans la réglementation ». Dommage que le CESR (Committe of European Securities Regulators), qui réunit les régulateurs européens, n'ait pas entendu cet appel plus tôt. Sa définition des fonds monétaires publiée le 19 mai dernier intègre en effet une nouvelle contrainte : ils devront n'avoir recours qu'à des instruments financiers bénéficiant de l'une des deux meilleures notes des agences de notation. « Obliger les gérants à donner à ces agences un nouveau privilège est une très grande déception », commente le directeur financier d'une grande société française...