Parce qu'essentiellement bancaires, peu de financements d'infrastructures sont notés par les agences, qui estiment que les défauts restent limités à quelques cas comme la ligne à grande vitesse de Taïwan ou Eurotunnel (photo), dont les sponsors ont fait porter les risques initiaux de construction et d'exploitation par les marchés. « Et la capacité des actifs à générer du cash dans la durée peut conduire les prêteurs à restructurer la dette plutôt que d'imposer un défaut », indique Olivier Delfour, managing director responsable du secteur pour Fitch Ratings.
Si on analyse par secteurs, « dans les transports, les concessions autoroutières diversifiées ont moins souffert que les concessions individuelles, souvent plus récentes et dont certaines ont pu être concurrencées par des infrastructures gratuites, comme en Espagne, explique Nicolas Painvin, directeur senior au département infrastructure chez Fitch Ratings. Le trafic a aussi baissé dans les aéroports. Mais les grands ‘hubs', malgré des tarifs supérieurs, ont bénéficié d'un recentrage des compagnies aériennes, qui y obtiennent de meilleurs rendements. La situation est pire pour les ports qui, symboles de la mondialisation, ont vu leur trafic chuter brutalement de 21 % en 2009, un record par rapport au repli de 14 % de 1982. Le port de Rotterdam a même lancé une baisse des tarifs que nous n'avions pas anticipée. » Le ferroviaire apparaît moins risqué grâce aux soutiens publics, même si le trafic est affecté.
Dans l'énergie, les productions d'eau et d'électricité sont plutôt « résilientes ». Les projets pétroliers étaient, ces dernières années, montés sur la base d'un point mort entre 20 et 30 dollars le baril... Seul le raffinage connaît une conjoncture défavorable avec des marges en forte baisse. Les énergies renouvelables ont déçu pour différentes raisons : techniques (« les éoliennes fournissent moins d'énergie que prévu », selon Nicolas Painvin), météorologiques (« les prévisions de vent s'avèrent souvent optimistes ») et économiques. Ce dernier point touche depuis peu le solaire, dont les tarifs subventionnés ont été revus à la baisse par EDF en France en fonction du coût réel d'installation (au sol ou sur les différents toits résidentiels, industriels ou commerciaux).