Le système européen d'échange carbone prévoit la possibilité, en ligne avec le protocole de Kyoto prévu par l'Organisation des Nations unies, d'obtenir des quotas de CO2 grâce à des projets réduisant les émissions dans des pays émergents. Or, les prix des crédits « CER » (certified emission reduction) ainsi dégagés ont subi une baisse parallèle à celle des quotas européens (les EUA ou « European Union allowance »), avec lesquels ils sont en partie fongibles. « Une véritable question industrielle se pose à propos des projets de développement propre, générateurs de certificats de type CER, confirme Emmanuel Fages, responsable de la recherche carbone et charbon chez Société Générale. Leur prix tourne actuellement autour de 10,50 euros. Or, en dessous de ces niveaux, c'est le lancement de nouveaux projets qui est remis en cause. »
En même temps, ces projets souffrent d'une certaine incertitude concernant leur prise en compte par le système européen de quotas. « La commission a remis en cause l'acceptabilité des CER, jusqu'ici échangeables avec les permis EUA, indique Mark Lewis, analyste du département recherche CO2 chez Deutsche Bank. C'est une façon indirecte de peser sur le MDP (mécanisme de développement propre, NDLR) et d'avoir plus d'influence sur les Chinois. Or, ce marché avait établi un standard. Il faudra voir comment Copenhague fait évoluer cet important marché des projets de développement propre. »