La concurrence aura été vive entre banques pour l'introduction en Bourse de General Motors. Au point que les commissions s'en trouveront nettement comprimées. Aucun des établissements impliqués n'a bien évidemment donné de chiffres officiels. Mais à en croire des sources proches du dossier citées par Bloomberg, les «fees» que se partageront les banques s'élèveront à 0,75% du montant de l'opération. Un chiffre loin des standards habituels des IPO. Selon des données de Thomson Reuters, ils étaient en moyenne de 3,1% l'an passé au niveau mondial et avoisinent encore cette année les 2,9%. D'après les chiffres compilés par Bloomberg, le taux moyen dépasse même les 6% cette année aux Etats-Unis, pour des transactions il est vrai plus petites.
Cette pression sur les prix viendrait en fait de Goldman Sachs. Selon ces mêmes sources, la banque américaine aurait fait cette proposition au Trésor au printemps dernier alors que d'autres établissements comme Bank of America offraient plutôt de facturer leur prestation autour de 2%, étant prêtes à faire des concessions dans d'autres domaines.
Pris dans la tourmente au printemps et traditionnel partenaire de Ford, Goldman Sachs n'a finalement pas été retenu pour jouer les premiers rôles dans cette IPO. Mais sa proposition a donné des arguments au Trésor américain pour négocier avec la concurrence. Les autorités américaines pouvaient en effet redouter que ces chiffres soient rendus publics et qu'il leur soit reproché par l'opinion de gaspiller l'argent du contribuable en commissions versées aux banques.
Les établissements retenus auraient donc été prestement invités à s'aligner sur ces conditions plutôt avantageuses pour l'Etat américain.
Cette pression sur les prix est toutefois à relativiser pour les banques en course (JPMorgan et Morgan Stanley sont notamment «lead managers»). De fait, les commissions sont traditionnellement plus faibles que la moyenne pour ces opérations emblématiques, les banques étant souvent prêtes à des concessions pour inscrire leur nom au prospectus du fait des retombées en terme d'image.
De surcroît au vu des montants envisagés par GM (12 à 16 milliards de dollars de placement), les banques devraient tout de même se partager 120 millions de dollars. Soit environ 15% des «fees» reçus sur les IPO américaines depuis le début de l'année.