De nouveaux droits pour les porteurs américains de cartes de crédit

La rentabilité des grands émetteurs va pâtir de mesures renforçant la protection des consommateurs mais pourraient provoquer un relèvement des taux

Par Thomas Maurice, à New York le 22/05/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 
De nouveaux droits pour les porteurs américains de cartes de crédit

De nouveaux droits pour les porteurs américains de cartes de crédit

Barack Obama signera cet après-midi à la Maison Blanche une loi qui bouleversera à partir de février prochain les règles du jeu sur le marché américain des cartes de crédit. A Wall Street, les analystes étaient unanimes à considérer que ces nouveaux droits auraient un coût substantiel pour les émetteurs de cartes. Pour Kenneth Chenault, PDG d'American Express, les changements sont clairement «plus négatifs que positifs».

Premier changement: les émetteurs ne pourront plus modifier les taux pour les appliquer rétroactivement aux encours existants sauf si les impayés dépassent soixante jours. En outre, tout changement des termes du contrat, en particulier du taux d'intérêt, devra être notifié 45 jours à l'avance. En cas de remboursement partiel, les fonds reçus seront affectés en priorité aux encours subissant les taux des plus élevés. Plus question d'infliger des pénalités de dépassement de limite, sauf si l'utilisateur a explicitement donné son autorisation à de telles transactions auparavant. Enfin, pas de changement autorisé du taux pendant la première année ou d'un taux promotionnel pendant une période de six mois, et pas de carte pour une personne âgée de 21 ans sans garantie financière ou autorisation d'un adulte.

Ce train de mesures «représente un pas en avant dans la protection des consommateurs et va contribuer un marché du crédit à la consommation plus juste, plus transparent et plus simple», a estimé le secrétaire au Trésor Tim Geithner. Mais il a également le potentiel d'accélérer la chute des résultats, déjà à leur plus bas, des principaux émetteurs américains, American Express, Bank of America, Citigroup, Capital One, Discover ou JP Morgan Chase. D'après les calculs de Chris Brendler, analyste chez Stifel Nicolaus, l' «excess spread» (la différence entre le taux rapporté et le taux de pertes sur les cartes) a chuté de 1,21% en un mois et de 3,1% en un an pour atteindre 4,67%. Les pénalités désormais interdites ont rapporté 8,6 milliards de dollars l'an dernier, relève-t-il. Pour compenser, les taux pourraient faire l'objet d'un relèvement généralisé pénalisant les «bons payeurs».

Pour rappel, 78% des familles américaines détiennent au moins une carte de crédit représentant une dette totale de 945 milliards de dollars.

Envoyer par mail
Imprimer cet article
Rétrécir le texte
Agrandir le texte

Illustrations

 
 
 
 

Réagir à cet article

 
Merci de vous identifier ou de vous inscrire pour réagir à cet article.

0 réaction(s)
 
 

Inscrivez-vous

Pour découvrir gratuitement L'AGEFI Quotidien, WikiFinance, les panels interactifs et notre espace communautaire sur www.agefi.fr

Déja inscrit(e) ou abonné(e) ? Identifiez vous

 

S’abonner gratuitement à la newsletter

 
 
 
 
Partenaires
Ishares
CPR Asset Management M&G Investments
 
 
 
 
 

Les événements de L'AGEFI

 
Grands Prix des Actifs du Patrimoine 2012
mardi 5 juin 2012
 

 
 

Communautés

Derniers membres enregistrés
 
Liens commerciaux
L'AGEFI A VOTRE SERVICE