Jeudi prochain, à l'occasion de la publication des comptes du deuxième trimestre, Jean-Paul Chifflet présentera ses premiers résultats devant la communauté financière en tant que nouveau directeur général de Crédit Agricole SA (CASA), l'entité cotée de la banque verte. Etant donné la nature des chiffres affichés par les banques européennes ayant déjà annoncé leurs résultats, le marché s'attend à une activité récurrente de bonne tenue (les effets de la crise s'estompant progressivement), nécessaire pour compenser les conséquences des difficultés de sa filiale grecque Emporiki.
Le consensus d'analystes compilé par CASA indique un bénéfice net moyen de 230 millions d'euros, contre une perte de 87 millions un an plus tôt et un résultat net de 157 millions au premier trimestre. Le consensus établi par Reuters ressort lui à 199 millions. Ces chiffres tiennent compte de la dépréciation de 400 millions, liée à la situation d'Emporiki, que l'établissement va passer dans ses comptes ce trimestre, comme il l'avait indiqué en juin dernier.
Même si le marché n'est pas dupe de l'optimisme des dirigeants quant à la rapidité du redressement de la banque grecque, les analystes de KBW voient «davantage d'éléments positifs que négatifs relatifs au deuxième trimestre. En dehors des activités grecques, les performances des activités sous-jacentes en banque de détail et en banque de financement et d'investissement [BFI] seront solides».
En banque de détail, le marché attend des résultats en nette hausse: +14% pour le réseau LCL et +20% pour les banques régionales, selon le consensus Reuters. «LCL avait affiché des performances inférieures à celles des autres réseaux français au premier trimestre, indique Eric Hazart, analyste chez Exane. Mais il devrait avoir réduit l'écart au deuxième trimestre.»
Les banques européennes ont positivement surpris le marché en affichant des provisions (liées à la crise) assez nettement inférieures aux anticipations. Si en raison d'Emporiki la tendance sera probablement moins marquée chez CASA, le marché s'attend en revanche à ce que CA CIB (la BFI du groupe) affiche un montant de provisions particulièrement bas. «L'une des priorités de CASA est de réduire le profil de risque de sa BFI, rappelle un analyste. Celle-ci devrait donc afficher des résultats moins volatils que ses concurrents.»