L'opération était attendue «dans l'année», mais il semble que les transactions s'accélèrent, depuis le deal de BC Partners sur Spotless en février, sur le front des LBO en France... Ou du moins des buy-out puisque l'opération sur Sebia, spécialiste du diagnostic médical in vitro du cancer et des hémoglobinopathies, s'est pour l'instant signée sans financement en dette. Montagu PE (actionnaire à 51%), Astorg Partners (16%), ICG (13%), le management (10%) et le fondateur (10%) venaient à peine de décider de lancer un processus de vente avec Goldman Sachs en avril que Cinven a déposé une offre de 800 millions d'euros, entièrement en capital, pour une affaire conclue en un week-end.
Cette approche, qui valoriserait la société plus de 12 fois son Ebitda, a permis au fonds paneuropéen de devancer les autres (KKR, TPG, Carlyle, Blackstone, Charterhouse...), ainsi que des industriels. «En tant qu'actionnaires de Phadia, leader des tests sur les allergies et distributeur au Portugal de Sebia, nous connaissions le secteur et avons pu anticiper les "due diligences" pour être prêts dès qu'une fenêtre s'ouvrirait», explique Nicolas Paulmier, associé de Cinven.
Si l'acheteur s'est économisé la période de recherche d'un pool bancaire, il n'aura aucune difficulté, au vu des sollicitations déjà formulées, à trouver de la dette dans les mois qui viennent. «Le levier sera modéré, en deçà des 50%», précise Nicolas Paulmier. En s'interrogeant sur la présence ou non de mezzanine, dont les marges semblent devenues coûteuses pour les sponsors (autour de 15% en janvier, avant l'opération Pets at Home au Royaume-Uni).
Il s'agit du troisième LBO pour cet unique détenteur, depuis le rachat de l'activité concurrente de l'américain Beckman, d'une technologie prisée d'«électrophorèse capillaire». Montagu, qui réalise 3 fois sa mise, avait repris Sebia en 2006 pour près de 430 millions d'euros (avec 225 millions de dette), permettant déjà un multiple supérieur à 10 pour Astorg, son actionnaire depuis 2001. «Elle s'est beaucoup internationalisée et renforcée grâce aux investissements consentis en R&D, à une acquisition stratégique et au travail remarquable du PDG arrivé début 2008, Benoît Adelus, et des quelque 400 salariés», insiste aussi Sylvain Berger-Duquene, président de Montagu PE.