On n'en est qu'à la demande de renseignements, mais il n'en faut pas plus pour relancer les rumeurs d'une nouvelle consolidation sur les plateformes de négociation alternatives (MTF). Chi-X Europe a confirmé hier avoir été approchée par un tiers. La bourse européenne, qui a traité presque 500 millions d'euros de transactions au second trimestre n'a pas fourni plus de détails. Sans donner ni le nom de l'intéressé, ni la finalité de cette approche, elle s'est cependant laissé toutes les options ouvertes. Dans un communiqué, Chi-X Europe précise que cette approche «pourrait ou non conduire à une offre d'achat sur tout ou partie de l'entreprise».
«Toute offre future sera examinée et évaluée pour s'assurer qu'elle valorise pleinement la société. Nous prendrons aussi en considération les intérêts stratégiques des actionnaires et parties prenantes», poursuit le président de Chi-X Europe John Woodman qui ajoute: «nous ne cherchions pas de transaction et l'option de rester indépendant nous permettrait d'apporter plus de valeur à nos actionnaires». Des propriétaires qui sont nombreux puisque sans tous les citer BNP Paribas, Citigroup, Credit Suisse, Getco Europe, Goldman Sachs, Instinet Holdings, Sociéte Générale et UBS ont des intérêts dans Chi-X.
Créée lors de l'ouverture à la concurrence des bourses européennes en 2007, Chi-X Europe est une sorte de bourse low cost qui a gagné des parts de marché sur les bourses traditionnelles grâce à une stratégie agressive sur les prix. Elle fait désormais partie des bourses qui comptent au grand dam de ses concurrentes traditionnelles: London Stock Exchange (LSE), Nyse Euronext et Deutsche Börse qui ont dû adapter leurs offres et leurs prix. Troisième plateforme boursière sur l'Eurostoxx 50 avec 10% des parts de marché (depuis janvier selon le Fidessa Fragmentation Index), deuxième sur le Footsie 100 avec 18% des parts, derrière le LSE qui détient encore 40% du marché, Chi-X est le MTF qui a la cote.
Alors qu'en jouant la carte de la guerre tarifaire pour attirer des volumes d'échanges, certaines plateformes sont toujours déficitaires. Chi-X est selon son président «rentable depuis 2010». De quoi susciter les convoitises, dans la liste des potentiels repreneurs : l'américaine BATS, sa principale concurrente ou encore Nasdaq OMX qui avait jeté l'éponge sur le marché boursier alternatif européen en mai dernier, en fermant Neuro.