Charterhouse se distingue avec une opération des plus notables dans un contexte où le marché du LBO a marqué un coup d'arrêt. En mettant la main sur Wood Mackenzie, cabinet de recherche en énergie, le fonds britannique réalise le plus important LBO européen de 2009, pour 553 millions de livres sterling (650 millions d'euros). Le financement a été assuré par trois acteurs à parité : HBOS, HSBC, et Nomura, également conseil sur l'opération. La dette s'élève à 250 millions de livres, composée de 170 millions de dettes senior, 70 millions de mezzanine et 10 millions de crédit revolving. « C'est une transaction qui marque la réouverture du marché LBO en Europe », indique Patrice Maffre, responsable de Nomura.
Wood Mackenzie était détenu depuis 2005 par son management et le fonds Candover (à hauteur d'environ 66 %), ce dernier engrangeant 36,2 millions de livres dans le cadre de cette opération. Ce montant intègre 19,6 millions de livres de produits de cession pour la société cotée Candover plc et 16,7 millions liés à la cristallisation du « carried interest », l'intéressement des associés. Le TRI de cette cession s'élève à 56 %, correspondant à 11,4 fois l'Ebitda de 2008. « Entre 2005 et 2009, nous avons, après un recentrage d'activité, accompagné la croissance organique de la société et réalisé des opérations de croissance externe », explique Cyril Zivré, associé chez Candover. L'Ebitda a ainsi été multiplié par cinq et le chiffre d'affaires a crû de 160 % sur la période.
« Cette opération reflète la qualité de nos actifs et nous n'avons aucunement l'intention de brader nos participations », indique Cyril Zivré, alors que le titre de la société cotée a été ces derniers temps chahuté en Bourse sur fond de craintes d'un non-respect de ses engagements financiers. « Candover plc n'a pas de problème par rapport à ses échéances mais cette opération apporte une marge de manoeuvre supplémentaire », relève-t-il.
C'est à l'issue d'un appel d'offres, dont le mandat avait été confié par Candover à Goldman Sachs, que Charterhouse a été sélectionné. Trois autres candidats, parmi lesquels Bain Capital, Warbus Pincus et Hellman & Friedman, restaient en lice en phase finale. Alors que les dirigeants ont réinvesti dans la société, l'ensemble des salariés pourront par la suite acquérir des actions.