Comme annoncé dans un road-show début mai, Cegedim, société de prestation de services pour les laboratoires pharmaceutiques et les professionnels de la santé, a inauguré mardi une émission obligataire de 300 millions d'euros à échéance 2015 avec un coupon à taux fixe de 7% par an. Crédit Agricole CIB et SG CIB sont les chefs de file cette première émission obligataire pour le groupe. Considérée comme un succès par la société, celle-ci entre dans sa stratégie de diversification et d'allongement de la maturité de sa dette.
En effet, Cegedim avait de grosses échéances à horizon 2012 (247 millions d'euros, dont 165 millions sur une ligne revolving tirée à 50 millions) et 2013 (157 millions d'euros de dette à terme). «300 millions d'euros était ce que nous espérions sur l'opération», indique Jan Eryk Umiastowski, directeur des investissements de Cegedim. La société a constitué son livre d'ordre auprès de gestionnaires d'actifs pour 56% et auprès d'institutionnels pour 30%. Au total, neuf ordres ont été pris entre 10 et 50 millions d'euros, une trentaine entre 50.000 euros et un million, en enfin une grosse densité autour de 5 millions.
Avec cet emprunt, Cegedim espère refinancer ses lignes de crédit à terme. La société attend la livraison du 27 juillet pour se prononcer sur la répartition du montant de l'obligation entre dette à terme en euros (261 millions) et dette à terme en dollars (149 millions de dollars), suivant la parité euro/dollar du jour. Rien en revanche ne devrait être alloué au remboursement de la ligne renouvelable de 165 millions d'euros. A la fin de l'opération, Cegedim devrait avoir pour 300 millions d'euros de dette obligataire et 200 millions de dette bancaire, soit une répartition de 60%-40%.
Pour Guy Sylvestre, responsable midcap capital markets France chez SG CIB, la stratégie de Cegedim reflète la volonté «de diversifier ses sources de financement tout en optimisant sa structure de dette et d'assurer sa liquidité sur le long terme».
Le rééquilibrage a cependant un coût. Cegedim avait échangé une partie de sa dette bancaire à taux variable contre du taux fixe à 262 points de base au-dessus de l'Euribor à trois mois avec un minimum de 4,25% et un plafond de 5,58%, sur un notionnel de dette de 352 millions d'euros. Soit bien moins que le coût de sa dette obligataire.