Les opérations de LBO secondaire ont la cote. Après le rachat par Lion Capital de Picard Surgelés à BC Partners, la dernière opération en date est lancée par CVC Capital Partners. Le groupe de private equity a en effet annoncé lundi le rachat d'une participation majoritaire à son concurrent Charterhouse dans la société de distribution de boissons et d'alimentation Autobar.
Le montant de la transaction n'a pas été précisé par l'acheteur, mais le Financial Times (FT) fait état d'une valorisation à 1,2 milliard d'euros, soit 9 fois l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) du distributeur, d'environ 135 millions d'euros cette année.
Charterhouse, qui a acheté Autocar en 2004 au Kuwait Investment Office pour 850 millions d'euros, conserverait une part de 11% suite à cette opération qui lui permettrait de doubler sa mise par rapport à son investissement initial. De manière peu habituelle dans ce type de transaction, Charterhouse, qui a bénéficié des conseils de Rothschild, Nomura et BNP Paribas, n'avait fait aucune annonce de vente préalable à l'offre de CVC.
CVC, conseillé par HSBC, devrait quant à lui financer l'opération en contractant 650 millions d'euros de dette senior auprès d'un pool de banques constitué de Nomura, BNP Paribas, ING, Lloyds et HSBC.
Souhaitant profiter de synergies et s'installer sur le marché des «vending machines», CVC envisagerait également se lancer prochainement dans le rachat du concurrent d'Autobar, Selecta. Ce dernier avait été racheté en 2007 par la branche de private equity de l'assureur allemand Allianz au groupe Compass pour un montant de 772,5 millions de livres (930 millions d'euros).
Le potentiel est en effet attractif. Autobar compte environ 100.000 clients dans onze pays européens et a dégagé un chiffre d'affaires de 569 millions d'euros pour son exercice clos en mars dernier. Parallèlement, Selecta apporterait environ 700 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel et 5.000 employés. Certains envisagent même une introduction en Bourse du groupe ainsi fusionné sur l'indice londonien FTSE 100.
Le marché de la distribution automatique pèse 2,2 milliards d'euros, et emploie 15.300 salariés. Mais son activité reste très dépendante de la conjoncture économique, et notamment de la consommation des ménages et du taux de chômage, dans la mesure où 70% des distributeurs sont installés en entreprise.