A l'image du regroupement de ses activités dédiées à l'économie du changement climatique dans CDC Climat, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) centralise ses actifs dans les infrastructures. La filiale créée pour l'occasion, CDC Infrastructure, entend investir 900 millions d'euros à horizon de cinq ans, portant le portefeuille à 1,5 milliard d'euros. «Ces investissements seront financés par le réinvestissement des résultats et par des augmentations de capital fournies par la CDC, après aval des projets», a expliqué jeudi Alain Quinet, président du conseil d'administration de CDC Infrastructure.
L'entité dispose déjà de neuf participations apportées par la CDC d'une valeur de 600 millions d'euros, incluant Sanef (10% du capital), le Viaduc de Millau (49%), Eurotunnel (moins de 2%), Orlyval (48% d'une créance indexée sur le trafic et le prix) et Gaz de Strasbourg (25%) ainsi que quatre actifs en construction. «CDC Infrastructure est déjà impliqué dans une vingtaine de dossiers à divers niveaux d'avancement», indique Jean Bensaïd, directeur général de CDC Infrastructure.
«L'une des originalités de CDC Infrastructure est sa vocation à investir dans les deux segments que sont le brownfield (actifs matures) et le greenfield (projets nouveaux). Alors que le premier est assorti d'un rendement modéré et d'un risque maîtrisé, le second présente un rendement différé et plus important et un risque plus élevé», poursuit Jean Bensaïd. Les actifs brownfield devraient atteindre à terme 70 % du portefeuille, contre 30 % pour les actifs greenfield.
CDC Infrastructure prendra des participations minoritaires (entre 20 et 49% du capital) via des investissements exclusivement en fonds propres dans quatre secteurs identifiés: le transport, l'énergie, les télécommunications et l'environnement. «Nous interviendrons aux côtés d'investisseurs financiers et industriels, parmi lesquels d'autres filiales de la CDC telles qu'Egis et Transdev», précise Jean Bensaïd. 80% des investissements ont vocation à être réalisés en France, contre 20% dans l'Union Européenne et les pays de l'OCDE. En termes d'investissement, «nous ne souhaitons pas mobiliser, pour une opération, plus de 10% de notre portefeuille cible dans un souci de diversification des risques», a relevé Alain Quinet.