Vilipendée pour avoir été la cause de tous les malheurs du Crédit Agricole ces dernières années, la banque de financement et d'investissement (CA CIB) sort progressivement du purgatoire.
Le principal motif du recul du coût du risque de Crédit Agricole SA (CASA, la structure cotée du groupe) est d'ailleurs à mettre à son compte. Les provisions passées sur les activités pérennes ont ainsi reculé de 85% au deuxième trimestre 2010, à 38 millions d'euros. Le ratio provisions sur encours continue sa descente. Il est tombé à 22 points de base (pb), contre 60 pb au premier trimestre, 86 pb au dernier trimestre 2009 et 100 pb au troisième.
Les pertes des activités en cours d'arrêt (produits de titrisation, activités de corrélation, etc.) pèsent elles aussi de moins en moins sur les comptes de CA CIB. Elles représentent 159 millions d'euros, un montant en recul de 66% sur un an et de 28% par rapport au premier trimestre 2010.
CA CIB affiche par ailleurs une bonne résistance de ses revenus (-16% à 1,44 milliard d'euros), malgré un contexte de marché difficile au deuxième trimestre. Cette tenue s'explique par des performances très contrastées. Les activités de financement ont ainsi apporté 657 millions d'euros de revenus (+41% sur un an, +1% par rapport au premier trimestre 2010). Leur coût du risque est en outre minime, puisque le ratio provisions sur encours n'est que de 8 pb, contre 70 pb un an plus tôt et 45 pb à la fin de cet hiver. En revanche, les revenus de la banque de marchés et d'investissement reculent de 12% (917 millions). La baisse aurait été encore plus franche sans l'effet positif de la réévaluation de la dette propre de l'établissement (de 153 millions).
Ainsi, les comptes de CA CIB affichent un recul considéré comme mesuré par la plupart des analystes. Le résultat net part du groupe baisse de 22% à 401 millions d'euros.
Concernant les développements futurs du pôle, les dirigeants de CASA ont fait le point sur le partenariat mondial en cours de négociation avec le courtier chinois Citic Securities. Les deux parties se rencontreront le 21 septembre, tandis que «la phase d'évaluation des actifs mis en commun devrait durer jusqu'à la fin de l'année», a précisé Patrick Valroff, directeur général de CA CIB.