A une crise économique mondiale, en succède une autre, et par les temps qui courent, établir un plan décennal tient d'une certaine gageure C'est ce que vient de faire, trois semaines après le renouvellement de son mandat, José Manuel Barroso. Il a dévoilé son plan sur «une nouvelle stratégie économique européenne pour les dix ans à venir» une des pièces maîtresses de son second mandat à la tête de la Commission européenne.
Via la réalisation d'objectifs chiffrés et la création de mécanismes d'incitation politique à destination des Etats membres, le plan, baptisé «EU 2020», doit permettre d'harmoniser les situations disparates des économies des Vingt-Sept. Il succède à la «Stratégie de Lisbonne», qui s'est révélée un échec. Dans ses grandes lignes, ce plan estime que le taux d'emploi dans l'UE devrait ainsi passer de 69 à 75%, l'investissement en recherche et développement être porté de 1,9 à 3% du PIB, l'échec scolaire être ramené sous les 10%, la proportion de la population obtenant un diplôme du supérieur dépasser les 40% et le nombre de personnes pauvres être réduit à moins de 20 millions.
Les objectifs du «paquet» énergie-climat sont également repris dans le texte. L'UE s'est engagée en décembre 2008 à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% en 2020 par rapport aux niveaux de 1990, en réduisant sa consommation de 20% et en augmentant de 20% la part des énergies renouvelables dans son «mix» énergétique.
Si aucun objectif chiffré n'a en revanche été formalisé concernant la croissance elle-même, José Manuel Barroso a expliqué que le but était au moins de doubler, à 2%, le potentiel de croissance de l'économie européenne.
La stratégie «Europe 2020», entend créer une forme de «gouvernement économique» pour mieux piloter la réalisation des objectifs fixés. L'Union semble y être prête. Le président de l'exécutif communautaire a expliqué que des rapports seraient élaborés pour chaque pays avec des objectifs précis et que des avertissements politiques pourraient être émis par la Commission à un Etat qui faillirait à ses engagements.
Le plan, qui a fait l'objet de contributions de la part des Etats membres, des eurodéputés et du président fixe du Conseil européen, doit maintenant être endossé fin mars par les dirigeants des Vingt-Sept.