Attendue depuis plusieurs mois, la montée de Bruce Willis au capital de Belvédère se précise. Début octobre, le groupe de vins et de spiritueux déclarait que l'acteur américain avait l'intention de «s'investir financièrement» dans Belvédère et de« devenir un actionnaire de référence aux côtés des dirigeants et de s'associer pleinement à la stratégie marketing du groupe». Bruce Willis entrera au capital dès le mois de janvier.
A défaut d'apporter de l'argent frais, Bruce Willis sera payé en titres (83.000 actions, représentant 3,3% du capital) pour l'utilisation de son image au niveau mondial, et non plus seulement en Europe, pour faire la promotion de la marque Sobieski. Au cours de lundi (31,90 euros), cette participation était valorisée 2,65 millions d'euros.
Ces titres, provenant de l'autodétention (8,04% au 30 septembre), seront inscrits au nominatif au nom de l'acteur, au côté des titres des dirigeants historiques du groupe, Jacques Rouvroy et Christophe Trylinski (qui détiennent ensemble 25% du capital et 37% des droits de vote). Toutefois, aucun pacte d'actionnaires n'est évoqué. Si Bruce Willis, n'a pas d'engagement formel de détention des titres dans la durée, il s'est engagé moralement et pourrait continuer à monter au capital, selon un porte-parole de Belvédère.
En revanche, l'idée évoquée de faire entrer Bruce Willis au conseil d'administration de Belvédère semble, au moins provisoirement, abandonnée. L'emploi du temps de l'acteur américain paraît en effet peu compatible avec les exigences, notamment de présence, demandées à un administrateur, précise un porte-parole du groupe de spiritueux. Mais toute évolution est possible d'ici l'AG de juin prochain.
En attendant, Belvédère doit mettre en œuvre son plan de sauvegarde, homologué le 10 novembre dernier par le tribunal de commerce de Dijon. Notamment, Marie Brizard doit être cédée avant le 30 juin 2010. Aux termes du plan, cette vente, attendue à 300 millions d'euros, devrait dégager un revenu net de 235 millions. Selon Les Echos, Belvédère devrait recevoir cinq offres. Les candidats avaient jusqu'à lundi pour déposer une première offre non engageante. Parmi les repreneurs figureraient Quartier Français, La Martiniquaise et l'homme d'affaires russo-israélien Mark Kaufman. Des noms et un calendrier que Belvédère s'est refusé à commenter, rappelant que le processus est toujours en cours.