Face au coup d'arrêt intervenu sur les grands LBO, les acteurs du secteur étendent leur terrain de jeu et profitent des opportunités à saisir sur le marché. La société de capital-investissement Bridgepoint, ciblant des entreprises valorisées entre 200 millions et 1 milliard d'euros, va ainsi reprendre la gestion des activités de private equity en direct du gestionnaire d'actifs Hermes. Alors que ce dernier se concentrera sur ses activités fonds de fonds, Bridgepoint, qui n'entend pas pour autant remettre en cause sa stratégie existante, ciblera dès lors parallèlement des sociétés valorisées moins de 100 millions d'euros dans le cadre principalement d'opérations de LBO mais également de capital-développement. « Cela n'implique donc aucun conflit d'intérêts avec notre activité actuelle », indique à L'Agefi Benoît Bassi, président de Bridgepoint en France.
La reprise des activités de Hermes concerne deux fonds, Hermes Private Equity Partners II et Hermes Private Equity Partners III, de montants respectifs de 250 et 300 millions d'euros. Alors que le premier véhicule est investi à hauteur de 200 millions d'euros, via dix investissements, le second est engagé pour 56 millions d'euros. « Il s'agit d'investissements en LBO sur des sociétés britanniques de différents secteurs. L'objectif est à terme de développer les investissements à travers l'Europe en s'appuyant sur notre réseau », explique Benoît Bassi. Bridgepoint et Hermes renforcent ainsi leur relation, le second ayant investi dans trois véhicules du premier.
Une division séparée et créée pour l'occasion, Bridgepoint Development Capital, sera dirigée par une équipe basée à Londres de dix personnes issues de chez Hermes. « Cette acquisition constitue un relais de croissance. Elle est emblématique du contexte actuel, qui devrait générer des opérations de consolidation au sein du secteur », estime Benoît Bassi.
Suite à cette acquisition, Bridgepoint disposera de 9,8 milliards d'euros sous gestion, dont 5 milliards d'euros disponibles pour réaliser des investissements sur les quatre à cinq prochaines années. Ces capitaux intègrent le véhicule Bridgepoint Europe IV, dont la levée de fonds a été finalisée en novembre 2008, pour un montant de 4,8 milliards d'euros.