Dans le sillage de la reprise des activités d'investissements directs d'Hermès, ayant donné naissance en 2009 au pôle Bridgepoint Development Capital (BDC), Bridgepoint s'organise. «Les fonds repris s'élèvent à 600 millions d'euros, dont la moitié était investie. Nous avons donc créé une filiale dédiée à la gestion pour compte de tiers, gérant la part investie, qui pourrait avoir vocation à se développer avec la reprise d'autres portefeuilles», explique à L'Agefi Benoît Bassi, président de Bridgepoint en France.
«L'autre moitié des fonds, à savoir 300 millions d'euros disponibles, est centralisée au sein du véhicule BDC I, dédié à notre nouvelle activité d'investissements majoritaires mais également minoritaires, avec le management, dans des sociétés de petite et moyenne taille (entre 30 et 200 millions d'euros de valeur d'entreprise) en Europe», poursuit le président. Les cibles de Bridgepoint étaient auparavant exclusivement des sociétés européennes de 200 millions d'euros à un milliard d'euros de valeur d'entreprise, sur lequel le fonds d'investissement prenait des participations majoritaires.
Afin de compléter le véhicule BDC I, «nous comptons lever un deuxième fonds de 200 millions d'euros en fin d'année, en vue de disposer de 500 millions d'euros. Ces capitaux additionnels seront probablement apportés par les investisseurs de notre fonds Bridgepoint Europe IV (de 4,8 milliards d'euros, dont 20% investis, ndlr)», indique Pierre Colasson, responsable de BDC à Paris. Alors qu'une équipe de trois personnes dédiées à BDC a été mise en place en France, neuf autres collaborateurs se répartissent entre le Royaume-Uni et les pays nordiques.
BDC a d'ores et déjà réalisé un premier investissement, annoncé fin mars, dans la société suédoise spécialisée dans les soins aux personnes autistes Solhaga, représentant approximativement un sixième du montant global de BDC I. «Nous envisageons de réaliser deux opérations en moyenne par an en France, et approximativement six en Europe. Notre objectif est, dans le cadre d'opérations de LBO, d'aider les PME françaises à acquérir une taille critique à l'échelle européenne. Notre stratégie repose principalement sur une logique de build-up», relève Pierre Colasson.