Difficile de coller de plus près au consensus. Avec un chiffre d'affaires de 31,3 milliards d'euros (-3%), un résultat opérationnel courant de 1,85 milliard (-16%) et un bénéfice net de 1,32 milliard (-12%), Bouygues a très exactement répondu aux attentes des analystes pour 2009.
Alliés à une amélioration du BFR, ces chiffres s'accompagnent d'une progression de 41% du cash-flow libre et d'une forte réduction de la dette, ramenée de 4,9 à 2,7 milliards d'euros. Outre le niveau élevé de la génération de liquidités, le désendettement a été permis par la modération apportée aux investissements (-27% à 1,3 milliard) et par l'exercice de l'option de vente de TF1 dans Canal+ France (744 millions d'euros). Il en ressort un ratio d'endettement réduit de moitié à 28%.
Suite aux résultats de TF1 (mi-février) et à ceux de Colas (lundi), les analystes reconnaissait certes que les risques de mauvaise surprise étaient très limités. Restait notamment à connaître la performance de Bouygues Telecom. Prévus à 250.000 par CM-CIC, les recrutements de clients dans le mobile ont atteint le nombre de 758.000.
En marge d'une année 2009 déjà bien balisée, les analystes attendaient donc surtout des précisions sur le dividende et sur les perspectives du groupe pour 2010. Concernant le dividende, le marché tablait sur son maintien à 1,60. Là encore, le groupe n'a pas déçu en optant pour la continuité espérée.
Du côté des prévisions en revanche, un très léger décalage apparaît. Le consensus visait jusqu'ici 30,3 milliards de chiffre d'affaires en 2010 (-3,3%), certains comme CM-CIC jugeant même le pronostic conservateur et tablant plutôt sur 30,9 milliards (-1,4%).
Finalement, le groupe a fixé la barre hier soir à 30 milliards d'euros (-4,3%). Si les revenus de TF1 sont attendus en hausse de 2% (2,41 milliards) et ceux de Bouygues Telecom à l'équilibre (5,37 milliards), l'activité dans l'immobilier devrait en revanche chuter de 30% (2,1 milliards) à en croire le groupe. La construction pourrait également reculer, mais dans des proportions bien plus limitées (-5% à 9,1 milliards).
C'est bien sur ce point que le marché pourrait trouver à redire. Mais les analystes savent aussi que le groupe avance traditionnellement des prévisions prudentes en début d'exercice. Prévisions qu'il n'hésite pas à retoucher au fur et à mesure de l'année.