Boursorama peut se féliciter d'être contrôlé à 56% par la Société Générale. Partiellement épargné par les caprices des investisseurs de marché, cette filiale cotée de banque et de courtage en ligne peut ainsi déployer un plan de développement à long terme, quitte à ce qu'il pèse sur ses comptes.
C'est ainsi qu'il affiche un bénéfice net en repli de 65% au premier trimestre 2010 (à 8,2 millions d'euros). Une chute en partie attribuable à une plus-value de 14 millions d'euros liée à la cession de Self Bank en Espagne à La Caixa et comptabilisée en 2009. Hors éléments exceptionnels, la baisse aurait atteint 11%. Mais il faut également mentionner l'augmentation de 126% de ses dépenses de marketing (à 7,9 millions) en France et à l'étranger (Allemagne, Royaume-Uni et Espagne).
La progression de ses revenus (+5,5% à 48 millions d'euros) n'a pas suffi à compenser une telle hausse des charges d'exploitation. Mais Hugues Le Bret, le nouveau PDG de Boursorama, avait exprimé en février sa volonté d'accélérer le développement de la banque en ligne à travers l'augmentation du nombre d'ouvertures de comptes bancaires. Car le courtage représente encore 54% de son produit d'exploitation au premier trimestre. Les encours d'épargne ont quant à eux crû de 47%, à 13 milliards d'euros.
Cette volonté s'illustre aussi dans le fait que depuis le 1er janvier, les résultats de Boursorama sont comptabilisés dans le pôle de banque de détail de la Société Générale. La stratégie s'est révélée payante en volume: les ouvertures de comptes bancaires ont été multipliées par 2,4 au premier trimestre, à 15.810. L'objectif est d'atteindre 60.000 ouvertures en 2010. Le nombre de nouveaux comptes sur l'ensemble de ses activités (banque, épargne et bourse) a atteint un niveau record au premier trimestre (34.267), portant le stock à 646.000 (+12%).
Cela dit, cette politique commerciale ambitieuse devra démontrer sa profitabilité, étant donné, notamment, que Boursorama propose une carte bleue gratuite et ne fait payer aucun frais sur les opérations courantes. Dans l'assurance-vie, si la société affiche une hausse de 30% de ses encours (à 2 milliards d'euros), la collecte nette a été portée par les fonds en euros, moins rémunérateurs que les ceux en unités de compte, qui ont bénéficié de l'effet marché.