L'année 2009 a été marquée par des charges d'investissement et d'adaptation pour Boursorama. Ces frais ont pesé sur ses résultats en 2009, mais les comptes se sont plutôt bien tenus. La banque en ligne, détenue à 56% par la Société Générale et 21% par La Caixa, a ainsi enregistré un bénéfice net de 49 millions d'euros (-2% par rapport à 2008).
Ce léger recul tient en partie à une baisse de 50% de la ligne gains et pertes sur actifs immobilisés: en 2009, le groupe a notamment intégré une dépréciation de survaleur de 11 millions sur OnVista en Allemagne, «acquis au plus mauvais moment, en 2007», admet le nouveau PDG de Boursorama, Hugues Le Bret.
La filiale allemande a d'ailleurs été l'objet d'une grande attention. L'équipe de direction a été renouvelée. 2009 a été la première année pleine d'exercice après son recentrage sur le courtage en ligne, expliquant la baisse de 4% du PNB du groupe (à 200 millions d'euros), qui progresse de 1% à périmètre constant. Le résultat brut d'exploitation (RBE) a accru sa perte de 3,7 à 5,1 millions. L'équilibre de la filiale allemande est espéré en 2011.
Le développement des autres filiales internationales a également pesé sur les comptes. Les marges d'intérêt de Selftrade au Royaume-Uni ont fortement chuté, en raison du départ «assumé» des clients les moins actifs suite à la généralisation des commissions. Les dirigeants attendent beaucoup de l'obtention d'une licence bancaire pour leur filiale en 2010: elle lui permettrait de comptabiliser le cash de ses clients dans ses livres et de le placer à plus de trois mois. Cette situation a eu un impact de 10 millions d'euros sur la marge d'intérêts en 2009, estime le PDG.
L'obtention de la licence outre-Manche, ainsi que la décision de transformer le courtier espagnol en banque, illustrent la volonté de Boursorama de favoriser la banque en ligne dans les années à venir. Il surfe sur une bonne année 2009, qui a vu le nombre de comptes atteindre 618.000 (+11%). Des acquisitions ne sont pas exclues. Cette politique devra être compensée par la poursuite de la maîtrise des coûts fixes (57% des charges en 2009, contre 64% en 2008). Les charges d'exploitation ont d'ailleurs reculé de 10% l'année dernière.
Cette ambition annonce un objectif: montrer que Boursorama est un actif stratégique pour la Société Générale.