Le gouvernement allemand décidera en avril d'une redevance sur le secteur bancaire destinée à partager le coût des plans de sauvetage, a déclaré le ministre des Finances Wolfgang Schäuble au quotidien Bild. «Le gouvernement prendra une décision sur une taxe bancaire en avril, de façon à ce que le secteur financier partage les coûts de la crise», a déclaré le ministre dans un entretien à paraître lundi. La communauté internationale, a-t-il ajouté, doit décider de moyens efficaces pour réguler le secteur financier et faire en sorte que les grandes banques puissent faire faillite en bon ordre. Il a toutefois estimé difficile d'encadrer la spéculation sur les marchés financiers par le biais de la loi.
«Naturellement, nous avons besoin de règles plus strictes, mais nous ne devrions pas surréagir et étouffer la liberté des marchés et la concurrence, parce que cela paralyserait l'économie», a-t-il estimé. «Il est malheureusement très difficile de faire la différence entre les bonnes transactions financières et les mauvaises», a-t-il ajouté.
Dans un entretien séparé publié dimanche par Sonntag Aktuell, la chancelière Angela Merkel indique que l'Allemagne est en train de travailler sur plusieurs solutions, y compris sur une taxe, de façon à ce que le contribuable n'ait pas à payer pour les risques pris par les banques à l'avenir. «Les banques doivent contribuer elles-mêmes à une solution et il doit être possible, si nécessaire, de liquider des banques d'une façon ordonnée sans réactions en chaîne sur les marchés financiers», a déclaré Angela Merkel. «Nous sommes tenus envers nos citoyens sur cela et ferons une proposition au printemps», a-t-elle ajouté.
La capacité des banques à passer d'un état fortement déficitaire à un état très bénéficaire apporte de l'eau au moulin de défenseurs des taxes. Le président du directoire de la Deutsche Bank pourrait à nouveau figurer parmi les patrons les mieux payés d'Allemagne, compte tenu des bénéfices réalisés par la banque, rapporte l'édition dominicale du Frankfurter Allgemeine Zeitung. La rémunération totale de Josef Ackermann l'an dernier a été d'au mois huit millions d'euros, prime comprise, selon le journal. En 2008, il avait touché seulement son salaire fixe de 1,4 million d'euros.