Barclays réussira-t-il à conserver son indépendance ? Le marché semble y croire : le titre a clôturé en hausse de 22,7% (à 90,9 pence) suite à la confirmation de son projet de cession d'iShares. L'établissement britannique a ainsi confirmé hier avoir entamé des discussions avec plusieurs candidats en vue de céder sa société de gestion spécialisée dans les fonds indiciels cotés (ou ETF, exchange traded funds), filiale de Barclays Global Investors (BGI).
Les estimations du prix que pourrait retirer Barclays d'une telle vente sont floues: les chiffres cités oscillent entre deux et cinq milliards de livres sterling (entre 2,1 et 5,4 milliards d'euros). Car iShares est le leader mondial du marché des ETF, dont la vitalité n'a pas été démentie – la chute des indices actions à des niveaux rarement atteints laissant entrevoir des perspectives de rebond. Selon BGI et Bloomberg, le montant total des encours a atteint 102 milliards en 2008, contre 88 milliards en 2007. Il a continué à progresser en janvier dernier (à 106 milliards), pour se tasser le mois suivant (102 milliards). Sur ce marché, iShares se taillerait la part du lion, avec un taux de pénétration de 37% toujours selon les mêmes sources, devant la filiale de la Société Générale, Lyxor Asset Management (22,7%). Selon un analyste, iShares pèserait environ un quart des bénéfices de BGI, soit 110 millions de livres.
La perspective d'acquérir le leader d'un marché pour l'instant résistant pourrait ne pas laisser insensibles bon nombre d'acteurs internationaux. La presse britannique parle de candidats américains et des pays du Golfe persique. Plusieurs investisseurs d'Abou Dhabi et du Qatar sont déjà actionnaires de Barclays. Le prix que la banque parviendra à tirer de la cession d'iShares est d'autant plus important qu'il conditionnera sa participation au programme de garantie des actifs douteux du Trésor britannique.
«La vente d'iShares lui permettra de participer à l'Asset Protection Scheme sans émission de capital», note Irfan Younus, analyste chez NCB Stockbrokers. En effet, réaliser une émission d'actions pour payer cette assurance publique ferait entrer l'Etat à son capital (à l'instar de Lloyds et RBS) et provoquerait la montée à son capital de détenteurs d'obligations convertibles, eux aussi issus du Golfe (L'Agefi du 13 mars).