Les besoins en capitaux poussent les banques à réorganiser leurs activités. Bank of America envisagerait ainsi de réduire sa participation dans le groupe de gestion d'actifs BlackRock, dont il détient 34,1% depuis le rachat de Merrill Lynch en janvier 2009, selon le Wall Street Journal. Le groupe valorisait sa participation à 10,1 milliards de dollars (7,9 milliards d'euros) au 30 juin.
La banque de Charlotte cherche à céder un certain nombre d'actifs qu'elle considère comme non stratégiques, à l'instar de la vente des activités mexicaines reprises par Banco Santander, d'une activité de gestion à long terme détenue par sa filiale Columbia Management, de la scission de 3 milliards de dollars d'actifs au sein de Ridgemont Equity Partners, et de sa participation dans une banque brésilienne.
John McDonald, analyste chez Sanford C. Bernstein & Co, estime que «Bank of America est dans une logique de cession, pas d'acquisition». Et de préciser que «leur stratégie à l'heure actuelle est d'élaguer et de se recentrer sur leurs activités stratégiques, et de déterminer quelles stratégies seront les plus efficaces dans le nouvel environnement réglementaire».
En effet, la nouvelle réglementation du secteur bancaire envisagée par le Comité de Bâle pourrait conduire à la limitation de la détention de participations importantes dans d'autres grandes institutions financières.
Or, PNC Financial Services Group et Bank of America détiennent ensemble près de 60% de BlackRock. Même si ce cas de figure reste assez marginal aux Etats-Unis, la banque pourrait vouloir anticiper la mise en place de la réglementation pour ne pas brader les 64,7 millions d'actions qu'elle détient dans la société de gestion.
Cependant, la période ne semble pas optimale pour vendre. En effet, à 9,3 milliards de dollars actuellement, la valeur de marché de 34% de BlackRock est de 800 millions de dollars inférieure à celle qui prévalait lors du rachat de la société de gestion par Bank of America. L'action BlackRock a perdu environ 40% depuis son pic de 243,80 dollars enregistré en janvier dernier.
Les banques américaines sont en train de revoir leur positionnement dans la gestion d'actifs, avec leurs besoins croissants en capitaux. Mais le groupe dispose d'une marge de manoeuvre restreinte, ne pouvant céder plus de 4,5% des droits de vote de BlackRock par trimestre sans son accord.