La Chine pourrait être la planche de salut de Bank of America. En compensation de résultats décevants, notamment à cause de la faiblesse de la croissance de son activité, Bank of America pourrait intégrer dans son bilan un gain de 13 milliards de dollars dès octobre grâce à sa participation de 11% dans la banque chinoise China Construction Bank.
Le coût initial de cette acquisition était estimé par la banque américaine à 9,2 milliards de dollars et figé compte tenu de l'interdiction de vente de ses actions qui dure jusqu'en août 2011. Cependant un an avant la levée de cette interdiction, les règles comptables autorisent Bank of America à valoriser sa participation en valeur de marché. Or, les analystes l'estiment actuellement à 22,9 milliards de dollars soit 13,7 milliards de plus que sa valeur initiale.
Bank of America était entrée dans le capital de la banque chinoise en juin 2005, et ce gain que la banque intégrerait dans ses comptes en octobre serait une aubaine dans un contexte encore très incertain concernant les activités de marchés des banques, dont les résultats ont connu une forte baisse au deuxième trimestre à cause de la crise souveraine en Europe.
Un analyste cité par Bloomberg estime que la participation dans la banque chinoise «ajoute une valeur significative et stable au portefeuille de Bank of America, et elle intervient à une période où les investisseurs recherchent une stabilité dans les investissements réalisés».
Les résultats affichés par la banque au deuxième trimestre ont déçu car ont été soutenus par des éléments non récurrents, tels que des cessions d'actifs générant 1,2 milliard de dollars de bénéfice avant impôt, alors que le revenu net reculait de 10% sur un an.
De plus, l'augmentation de valeur de la participation compenserait les effets négatifs de la réforme financière sur la banque. Bank of America a estimé que les seuls changements de réglementation en matière de cartes bancaires vont la contraindre à revoir à la baisse de 7 à 10 milliards de dollars le stock de 22 milliards de survaleurs sur ce segment dès le troisième trimestre 2010. Globalement, S&P estime que la réforme «pourrait occasionner une baisse significative des recettes et des bénéfices dans les prochaines années».