Frédéric Oudéa, le PDG de la Société Générale, aura-t-il une acquisition à annoncer dès demain aux investisseurs, en leur présentant son plan stratégique Ambition 2015 ? BPCE convoque aujourd'hui deux réunions d'information extraordinaires à l'intention des représentants du personnel du groupe et de ceux de la Société marseillaise de crédit. «Il s'agirait de la vente de la SMC à la Société Générale, par l'intermédiaire du Crédit du Nord», indiquait vendredi après-midi à L'Agefi une source interne.
Les intéressées ne confirment pas. Mais la Société Générale a tout intérêt à renforcer le poids de sa banque de détail domestique, moins consommatrice de fonds propres, dans ses activités. Et le Crédit du Nord est l'instrument le mieux adapté pour y procéder. Ce dernier gère déjà plusieurs enseignes régionales tout en s'appuyant sur des systèmes unifiés qui ont vocation à être mis en commun avec ceux de sa maison mère. Il pourrait donc accueillir la SMC et ses 140 agences, dont la marque reste prisée des clients dans le Sud-Est de la France. La Société Générale a par ailleurs les coudées franches puisqu'elle a pris fin 2009 le contrôle à 100% du Crédit du Nord en rachetant les 20% de Dexia.
BPCE, de son côté, cherche à rembourser le plus vite possible les 5,3 milliards d'euros qu'il doit à l'Etat sous forme de titres subordonnés et d'actions de préférence. Une aide dont le coût, d'environ 9%, représente un débours annuel de plusieurs centaines de millions d'euros. Si l'organe central des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne a désigné d'autres filiales comme cessibles – Nexity ou Foncia –, par exemple, un réseau tel que la Marseillaise de Crédit trouverait plus vite acquéreur. D'autant qu'il n'a pas vraiment eu le temps d'être intégré au groupe.
Les Banques Populaires ont en effet racheté la SMC à HSBC en 2008, avec les autres enseignes régionales de l'ex-CCF, pour 2,1 milliards d'euros. L'enseigne marseillaise en valait à elle seule 1,1 milliard. A la création de BPCE en 2009, sa valeur a été revue à 880 millions. Les nouvelles évaluations retenues cette année pour l'élargissement du périmètre de BPCE tournent à 836 millions, ce qui semble optimiste: selon la tribune.fr, Rothschild estimerait plutôt la SMC à 650 millions. Ce matin, la presse évoque pourtant un montant de 872 millions. En 2009, le réseau a réalisé un produit net bancaire de 194 millions, pour 39 millions de résultat net.