BPCE a fait hier une sortie remarquée sur les marchés de dette. La banque a placé un milliard d'euros de dette perpétuelle dans l'après-midi. Ces titres super subordonnés (TSS) notés «Baa3/BBB-» versent un coupon de 9% jusqu'en mars 2015, date à laquelle ils peuvent être soit rachetés (callable) par l'émetteur, soit passer à un taux variable d'Euribor 12 mois + 653 points de base. L'émission sera ensuite callable tous les ans, sachant qu'après mars 2020 est prévue une clause de rehaussement du coupon (step-up) de 200 pb.
Le groupe avait mandaté Barclays Capital, Credit Suisse et sa filiale Natixis pour réaliser l'opération. La demande aurait atteint 2,5 milliards d'euros, en provenance de plus de 200 comptes, de sources de marché.
La réussite du placement est une bonne nouvelle pour BPCE. Le groupe a indiqué hier soir qu'il se servirait de ces fonds pour rembourser l'Etat, auquel il doit encore 6,3 milliards d'euros. Sa précédente émission de capital hybride, de 750 millions d'euros à 9,25% en septembre dernier, avait servi à refinancer un montant équivalent de dette publique.
Mais la transaction a des répercussions plus larges pour l'ensemble du compartiment. BPCE est en effet la première banque européenne à émettre des titres tier one depuis que le Comité de Bâle a jeté le trouble le 17 décembre dernier sur cette catégorie d'instruments. Les propositions du régulateur, qui doivent être finalisées d'ici à fin 2010, prévoient en effet d'exclure de la base de capital tier one des banques les titres hybrides qualifiés d'innovants. Ceux-ci comportent notamment des clauses de rachat (call) et de step-up des coupons, qui incitent donc à un rachat anticipé du capital, en contradiction avec les objectifs des régulateurs.
Selon plusieurs analystes crédit, les nouveaux titres BPCE seraient sans doute assimilés sous Bâle 3 à des titres innovants. Mais la banque s'est fondée sur la définition moins restrictive figurant dans le projet de révision de la directive européenne fonds propres, que Bruxelles a publié fin février. Le tout avec l'accord de la Commission bancaire. «La proposition européenne pour les futurs titres hybrides est très proche des TSS, ce qui avantage les banques françaises», indiquaient hier plusieurs sources de marché. Reste désormais à savoir si cette première sortie poussera d'autres banques à placer du tier one.