BP vient de pallier un manque dans son portefeuille. Le pétrolier s'est entendu avec l'américain Devon Energy pour lui reprendre plusieurs actifs au Brésil. Une transaction qualifiée de «positive» par Oddo Securities, le Brésil étant «un bassin très convoité pour ses réserves prolifiques en eaux profondes, un domaine d'expertise pour BP». Sans compter que les positions du britannique étaient jusqu'ici jugées faibles dans cette région.
L'opération se déroulera en plusieurs étapes. BP prendra des participations dans dix blocs au Brésil (huit offshore et deux onshore). Il investira également dans le Golfe du Mexique (au travers de 240 concessions) et en Caspienne. Il reprendra pour cela 5,63% d'Azeri-Chirag-Gunashli (ACG) portant sa part à 39,77%.
La facture totale de ces opérations s'élèvera à 7 milliards de dollars. Elle sera réglée en cash. Mais BP financera aussi une partie de la transaction en cédant à Devon 50% du projet canadien de Kirby dans les sables bitumineux pour 500 millions de dollars. Kirby deviendra ainsi une coentreprise. Le débours net de cash sera donc de 6,5 milliards de dollars pour le britannique.
Pour le bureau d'analystes irlandais NCB Stockbrockers, cela paraît «abordable». Outre son caractère éminemment stratégique, cet accord ne devrait en effet pas remettre en cause les grands équilibres financiers du pétrolier qui disposait de 8,6 milliards de trésorerie fin 2009. «Nous estimons que l'opération devrait amener BP un peu en dessous du milieu de fourchette de son objectif de gearing de 20% à 30% alors qu'il était jusqu'ici en bas de fourchette».
A la fin 2009, le ratio était précisément de 20,3% avec une dette nette de 26,2 milliards de dollars. Selon nos calculs, ce ratio devrait grimper autour de 24,2%, toutes choses égales par ailleurs. Rien d'alarmant donc sachant que le groupe reste dans sa fourchette d'objectifs et a déjà dépassé la barre des 25% par le passé.
Compte tenu de la diversité des actifs repris, les analystes avouent en revanche qu'il est un peu tôt pour évaluer le coût précis de cette acquisition. Notamment en matière de coût au baril car les estimations d'accroissement des réserves et de la production sont pour l'heure assez larges.