C'est en tenant compte d'un environnement post-crise que BNP Paribas a dévoilé hier la réorganisation de son pôle de dérivés actions et matières premières (GECD). Objectif: s'assurer une plus forte proximité avec ses clients, au travers d'une régionalisation renforcée et d'un nouveau positionnement de ses activités.
Cette autonomie croissante des régions s'inscrit dans le cadre de la stratégie poursuivie par BNP Paribas CIB et se traduit par la nomination d'Edward Speal à la tête de la zone Amériques. Pierre Rousseau demeure en charge de la région Asie-Pacifique, tandis que Yann Gérardin et Olivier Osty dirigent la région Europe.
En parallèle, quatre nouveaux métiers font leur apparition au sein du pôle GECD: dérivés de matières premières, «market liquidity provider», produits structurés (structured equity) et produits de flux et financement (flow & financing). Cette dernière ligne de métier, prise en charge par Emmanuel Heurtier, recèle encore du potentiel, estime BNP Paribas (lire aussi notre rubrique «nominations»).
«Nous percevons une marge de croissance significative en ce qui nous concerne dans l'activité de flow & financing, alors que les banques américaines ont abandonné tout espoir de se développer dans les produits structurés», explique à L'Agefi Yann Gérardin, responsable global de GECD.
Une étude de JPMorgan publiée cette semaine souligne la recomposition à l'oeuvre dans ce domaine. La surcapacité dans l'activité de flux débouchera sur une compression des marges et une course à la technologie, anticipe le rapport. L'activité de structuration deviendra dès lors beaucoup plus concentrée et profitable. Un terrain sur lequel les banques françaises, Société Générale et BNP Paribas, occupent déjà une position de premier plan.
Dans leur globalité, les dérivés actions sont appelés à croître pour compenser le déclin des produits de taux, ajoute JPMorgan. La croissance des revenus devrait atteindre 9% sur une base annualisée de 2010 à 2012. Goldman Sachs devrait en accaparer la majeure partie l'an prochain, avec un produit net bancaire estimé à 3,61 milliards de dollars, tandis que Société Générale et BNP Paribas devraient suivre, crédités respectivement de 3,3 milliards et 2,6 milliards.
Les marchés émergents joueront un rôle prépondérant dans ce nouveau cycle. Yann Gérardin évoque ainsi pour BNP Paribas «des plans d'expansion à venir en Asie et en Amérique latine (Inde, Brésil...)».