Alors que le marché des ETF (exchange traded funds, fonds indiciels négociables en Bourse de la même manière qu'une action) a connu une année 2008 satisfaisante avec une collecte nette de 55,7 milliards en Europe, celle d'EasyETF, la joint-venture créée entre BNP Paribas et Axa Investment Managers s'est révélée relativement décevante, à 687 millions d'euros. Sur le seul mois de janvier 2009, 7,5 milliards d'euros ont été collectés sur le marché européen, EasyETF ayant enregistré une collecte nette de 160 millions d'euros.
Dans ce contexte, BNP Paribas aurait décidé de reprendre l'ensemble de ces activités ETF, et Axa serait d'accord sur le principe, selon les informations de L'Agefi. «Axa et BNP Paribas doivent s'accorder sur un prix», indique la même source. Avec quelque 3 milliards d'euros d'encours sous gestion, le montant de la coentreprise entre BNP Paribas et Axa Investment Managers avoisinerait les 60 millions d'euros en prenant une valorisation classique dans le secteur de la gestion de 2% des actifs. «Cela constitue un faible montant pour BNP Paribas face au travail fourni sur ce segment», souligne un professionnel.
Pourquoi ce divorce? «Alors que Société Générale a développé Lyxor en 2001, EasyETF s'est positionné juste après en challenger. Cette joint-venture présente techniquement de très bons produits, mais s'est heurtée au fait que personne n'a jamais vraiment décidé qui allait vendre les produits», répond un professionnel. «Dans ce métier, on ne peut pas s'appuyer sur les distributeurs, puisqu'il n'y a pas paiement de rétrocessions sur encours. Cela doit être développé en interne. Alors que BNP Paribas gérait les produits core et Axa les produits satellites, il y a toujours eu un flou dans la vente des produits et les équipes ne se sont pas assez développées en interne», poursuit cette source.
Juridiquement, l'opération se révèle toutefois complexe. «Il est difficile de démonter une joint-venture. EasyETF a développé dans un premier temps des produits de droit français qui ont nécessité la création de plusieurs sociétés de gestion. Cela se complique encore puisque des produits de droit luxembourgeois ont par la suite été créés. Les difficultés techniques sont importantes pour un enjeu faible», estime un gérant.