BHP Billiton veut passer à la vitesse supérieure sur le marché de la potasse qui rentre dans la composition de nombreux engrais minéraux. Il a fait une offre de rachat en numéraire non sollicitée de 38,6 milliards de dollars au groupe canadien Potash Corp of Saskatchewan, ce qui constituerait la plus importante opération de fusion-acquisition de l'année. Equivalent à 130 dollars par titre, le prix proposé représente une prime de 16% par rapport au cours de clôture de la valeur: 112,15 dollars à la Bourse de New York lundi.
Potash Corp a indiqué hier avoir rejeté l'offre de BHP reçue le 13 août, son conseil d'administration estimant à l'unanimité que cette proposition de rachat sous-estimait «substantiellement sa valeur intrinsèque, sa place de leader dans une industrie stratégique et ses perspectives de croissance». Son conseil d'administration a par ailleurs autorisé la mise en place d'une «pilule empoisonnée» reposant sur l'émission d'un bon de souscription de titre pour chaque action ordinaire détenue à la clôture du 16 août, avec un déclenchement des droits à partir d'une participation supérieure à 20%.
«Nous estimons que le calendrier de votre proposition est très opportuniste étant donné que, entre autres choses, le secteur en est encore au début de son redressement», a répondu à BHP Dallas Howe, président de Potash Corp. Leader mondial dans les fertilisants, le groupe bénéficie de la hausse de la demande pour les produits alimentaires, liée à la croissance de la population dans les pays émergents. Engagé dans un projet de valorisation d'une mine de potasse située à 140 km du siège social de Potash Corp, BHP a de son côté déjà racheté pour 320 millions de dollars en début d'année Athabasca Potash également situé dans la province du Saskatchewan.
L'action Potash Corp. prenait 25% à plus de 140 dollars hier à New York à la clôture des bourses européennes, de nombreux investisseurs pariant sur une surenchère de BHP qui entraînerait à moyen terme une consolidation plus rapide que prévu du marché des fertilisants. BHP a simplement indiqué qu'il allait «passer en revue les options possibles» après le refus de sa cible. Le groupe anglo-australien «pourrait prendre son temps car nous ne pensons pas qu'un autre assaillant puisse intervenir», jugent néanmoins les analystes de Liberum Capital.