BBVA a dégagé un bénéfice net d'1,3 milliard d'euros au deuxième trimestre 2010, soit 19,5% de moins que sur la même période un an plus tôt. Mais la deuxième banque d'Espagne parvient toutefois à légèrement dépasser les pronostics du marché, y compris sur l'ensemble du premier semestre avec 2,53 milliards de profits, soit une baisse de 9,7% par rapport à 2009.
Bien lotie dans le cadre des tests de résistance publiés la semaine dernière, l'enseigne basque affiche en juin un ratio de fonds propres durs de 8,1%. Le taux d'encours douteux diminue pour la première fois depuis 2006, selon BBVA, et aurait atteint son «pic», a déclaré son conseiller délégué, Angel Cano. Il se situe à 4,2% contre un dixième de plus au trimestre précédent mais reste bien plus élevé que les 3,2% d'il y a encore un an.
Ses résultats ont été lestés par de nouvelles provisions, dont 250 millions de dotations volontaires, dont le niveau total atteint désormais 1,34 milliard d'euros. Son taux de couverture descend à 57%. Elle maintient son coefficient d'exploitation à environ 40%. Le produit net d'intérêt gagne 1,2% et se situe à 6,9 milliards d'euros. Insistant sur la «diversification du groupe», BBVA précise que «46% de la marge brute provient déjà de zones émergentes avec de bonnes perspectives de croissance».
L'Amérique latine, où BBVA a développé une présence solide, permet à la banque de compenser en partie les difficultés sur un marché domestique qui devrait rester en récession en 2010. Sur les six premiers mois, l'Espagne et le Portugal ont apporté 1,18 milliard d'euros en bénéfices nets, le Mexique 798 millions d'euros et le reste de l'Amérique latine, 453 millions. En tout, «près de 50% des résultats viennent de pays émergents», précise la banque. Par ailleurs, aux États-Unis, où la banque est surtout présente dans le Sud, elle a dégagé 144 millions de bénéfice net.
Après la publication des tests de résistance, le 23 juillet dernier, qui avaient montré que BBVA pourrait maintenir, malgré un scénario difficile, un ratio Tier 1 de 9,3%, le président Francisco Gonzalez, s'était réjoui de sa position «alors qu'elle n'a pas eu recours à une augmentation de capital depuis le début de la crise». Signe positif, le groupe a réalisé hier la première émission de dette senior non sécurisée d'une banque espagnole depuis avril, plaçant 1,25 milliard d'euros à un spread de 170 points de base.